Twitter et les réseaux sociaux en classe: vers un changement de pratiques 

Depuis cinq ans que j’utilise Twitter en classe avec mes élèves , j’ai toujours opté pour des comptes individuels propres à chaque élève. Puisqu’ils sont  lycéens, donc plus autonomes, plus matures avec une capacité de réflexion plus large que des primaires ou des collégiens, ce fonctionnement n’a jamais posé problème. 
Sur ce principe, chaque élève définit son avatar, son pseudo, sa ligne éditoriale , ce qui me permet de faire une  éducation à l’identité numérique active, pratique et efficace. En 5 ans, je n’ai eu à déplorer aucun dérapage sur les comptes élèves: ils ont tous respecté la ligne éditoriale édictée. 
Mais cinq ans ont  passé et mes élèves comme moi-même avons évolué dans nos pratiques et nos approches du réseau social. 

Ma 1ère promo (qui sera étiquetée bien plus tard de "twittclasse") ne connaissait pas Twitter:  ces élèves étaient les premiers ados-facebook laissant tomber les skyblogs mais pas encore msn. Nous avons défriché ensemble ce réseau et ses possibilités pédagogiques: des inventions qui sont aujourd’hui présentées à travers d’autres projets comme innovants. 

Ma dernière promo en date (que je suis pendant trois ans) quitte peu à peu Facebook pour Instagram, Snapchat … et tout ce qui se prèsente à elle! Ces élèves consomment le web comme ils consomment dans leur quotidien: selon leurs envies et selon les tendances sans aucune fidélité. Le web est devenu un espace de consommation. Ils connaissaient déjà Twitter, n’ont pas été plus surpris que ça qu’on l’utilise en classe. Plusieurs avaient déjà un compte Twitter personnel qu’ils ont souhaité conserver. Difficile de leur demander d’en créer un nouveau. D’autres, par la création du compte en classe, se le sont approprié développant leur réseau sur leurs centres d’intérêts personnels. C’est ainsi que nos TL enseignant-élèves ont été envahies de tweets de fans de Kpop, One D etc ! J’ai fini par ne plus suivre ces comptes qui dénaturent la ligne éditoriale que je souhaitais donner à ce réseau classe. Par cette rupture, le constat s’impose de fait: nous ne pouvons plus travailler en réseau global si j’en exclus des élèves! 

Le deuxième changement de pratiques constaté c’est ce que certains élèves n’utilisent jamais Twitter si je ne leur demande pas. J’avais réussi avec la première promo un usage  régulier hors temps de classe: Twitter permet plus de communication, d’informations, plus de travail. Je me suis épuisée au fil des classes à activer ces "plus" hors temps de classe pour quasiment l’abandonner. Nous utilisons Twitter en classe mais il y a peu de relai individuel en dehors du temps de classe.

Aujourd’hui quand nous utilisons ce réseau c’est pour échanger sur un projet spécifique avec des intervenants extérieurs comme avec le projet #àtable ou #femmepantheon : Des projets qui n’amènent plus l’élève à interagir seul avec un binôme extérieur. C’est le groupe classe qui lance un appel à contribution et les tweeteurs intéressés y répondent. 
Cette pratique est cohérente avec celle que nous avons de Tumblr et surtout cette année de Pinterest: un seul compte, un seul espace, un seul mot de passe partagé par toute la classe avec moi. Pinterest est devenu notre "musée imaginaire" (à la manière de Malraux), Tumblr notre espace d’appel à contribution. Nous avons dématérialisé notre espace de classe à travers ces réseaux. 
Sur Pinterest, l’espace est commun et les productions sont variées: communes à la classe, communes à des groupes ou individuelles. L’élève inscrit ses initiales pour que nous puissions identifier celui qui produit. 
Nous avons donc glissé sur un espace commun où chaque individualité est pourtant respectée: les tableaux exposés sur le Pinterest de classe sont heretoclytes épinglant des images et des textes correspondant à chaque producteur.   Les objectifs posé sont donc toujours atteints : collaboration, mutualisation et indivualisation des apprentissages.

Le décalage entre ces nouvelles pratiques et celles que nous avons toujours eues avec Twitter est désormais évident. J’ai donc décidé que nous utiliserions désormais Twitter à travers un seul compte : mon compte prof qui devient celui de la classe. Il était déjà intitulé "compte classe" : @gadoriole faisant peut apparaître mon nom et ma fonction. Chaque élève pourra produire des tweets et mettra ses initiales. 
Nous allons de fait plus travailler sur l’identité numérique d’un groupe que sur l’individuelle. C’est un groupe d’élèves qui passent trois années scolaires ensemble. À mi-parcours, nous avons besoin de renforcer la cohésion, de mettre en place des solidarités, de l’entraide et du tutorat. Ces espaces virtuels sont des outils pour atteindre ces objectifs. 
C’est aussi pour consolider une compétence pré professionnelle: le travail en équipe auquel ils sont confrontés lorsqu’ils font leur stages en entreprises. Nous devons amener cette génération qu’on dit très individualiste (mais qui n’est que le reflet de notre Société !)  à construire leur parcours en réseau. 

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Utiliser Pinterest en classe: trois exemples d’usage

Depuis septembre, j’utilise Pinterest en classe avec mes élèves . J’en ai déjà parlé dans deux billets ici et  avec un 1er bilan de nos usages.
Au fil des mois notre pratique s’est développée et diversifiée avec un outil devenu commun dans mes cours de français, d’histoire, de géographie et d’éducation civique.  24 tableaux d’épingles sont déjà constitués. Nos épingles sont souvent reprises par d’autres Pinterest.

Voici trois types usages de Pinterest en classe:

1) En amont de mon cours

Je crée régulièrement un tableau introductif avec des documents (images et/ou vidéos) qui permet à l’élève qui le souhaite de se renseigner sur le cours à venir. Je relaie la publication de ce tableau via Twitter et Gmail/Gdrive avec des consignes de lecture et d’interactions possibles.

Dans la description de l’image, je pose parfois des questions auxquelles les élèves peuvent répondre: comme c’est en amont du cours, il s’agit d’amener l’élève à découvrir une thématique, à y réfléchir et à poser une hypothèse de réponse. Nous ne sommes pas là sur une évaluation de savoirs.

Exemple:

Cours de géographie : Mondialisation et diversité culturelle (1ère bac pro)

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 ici: en amont , j’ai créé un tableau de cartes.  Sous plusieurs cartes,  dans la partie "description" j’ai posé une question. L’élève peut y répondre dans la ligne "commentaire" en notant ses initiales pour que je puisse savoir qui a écrit et à mon tour commenter si besoin

2) Support de projet et de productions

Lors du cours, je lance les élèves sur une production sur Pinterest: les images ou vidéos épinglées deviennent support de production écrite selon une consigne précise. L’écrit est limité (400 caractères maximum) ce qui me permet d’évaluer si l’élève sait répondre à une consigne d’écriture stricte tant dans le fond que dans la forme.

Exemple 1: Le projet #femmepanthéon  

Cadre: cours d’histoire Les femme dans la Société Française de la Belle époque à nos jours (1ère bac pro)

Objectif: réaliser une galerie de portraits de femmes françaises célèbres sur Pinterest et voter pour une entrée au Panthéon.

L’appel a été lancé via Twitter et Tumblr  pour inciter les tweeteurs à nous répondre.

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A partir de la cinquantaine de réponses reçues, les élèves ont rédigé les portraits. Ce travail a été collaboratif et mutualisant et diffusé à tous ceux qui y ont contribué.

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A noter que les cendres de deux des femmes portraitisées, Genevieve De Gaulle Anthonioz et Germaine Tillion vont être transférés au Panthéon sur décision de F. Hollande 

Exemple 2: Projet #PourDîner

Cadre: cours de géographie "mondialisation et diversité culturelle: géographie des gôuts alimentaires"

Objectif: exploiter des photos de plats culinaires français (reçus par l’appel à contribution sur Twitter et Tumblr), réaliser des recherches, définir l’origine des produits pour répondre à la problématique: en quoi les pratiques alimentaires françaises sont témoins de la mondialisation et de la diversité culturelle?

Comme pour le projet #femmePanthéon (et souvent depuis cinq ans que j’utilise les réseaux sociaux en classe), nous avons ouvert notre cours pour faire participer d’autres personnes et enrichir la documentation de notre cours. Pour autant Ces documents ne sont pas scientifiques et n’ont pas vocation à les remplacer. L’appel à contribution a été publié sur Tumblr  et relayé sur Twitter Les élèves ont pu eux-même contribué à cet appel à images.  J’ai partagé les consignes du projet sur Google Drive en amont du cours: les élèves découvrent les images, peuvent déjà choisir celle sur laquelle ils veulent travailler et intègrent les consignes. Cette procédure permet aux élèves les plus faibles de mieux s’inscrire dans le cours quand il commence.

 Le tableau Pinterest a été constitué de toutes les photos reçues via Twitter et le texte limité à la réponse à la problématique. Pour corriger et évaluer ce travail: j’ai fait des copies d’écran de leurs productions et les ai imprimées pour les corriger. L’élève a ensuite corrigé son texte selon mes consignes sur Pinterest.  La manœuvre est un peu fastidieuse mais je n’ai pas trouvé d’autre moyen pour que l’élève visualise les éléments à corriger!

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(A noter que j’ai réalisé cette séquence en présence de mon inspectrice)

Pour ces deux projets, la plus-value a été multiple: ce projet a permis d’ouvrir la classe en favorisant des interactions avec des personnes extérieures à la classe. L’élève comprend que les cours d’histoire et de géographie s’inscrivent dans la réalité. L’élève produit un travail original qui l’implique et  le valorise.

3) Comme support de cours

J’utilise aussi Pinterest comme agréagateur d’ images et vidéos que j’utilise lors de mon cours comme ici pour préparer la conférence de la déportée Magda Hollander , le tableau sur la Mondialisation de la Vache Qui Rit  notre étude de films dans le cadre de Lycéens et Cinéma (Daratt et Tous Au LArzacl . Les élèves contribuent aussi à cette constitution de ressources comme avec le tableau des films traitant de la 2nde guerre Mondiale

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En conclusion (provisoire)

Ce Pinterest devient l’espace virtuel commun de la classe où les élèves collaborent, mutualisent et partagent leurs savoirs et leurs productions. Les objectifs d’écriture sont modestes:  Pinterest ne remplace pas des écrits longs et les analyses de documents .  Il permet à l’élève de revenir lorsqu’il révise pour une évaluation et lorsqu’il révisera pour son examen final (fin de 1ère puis fin de Terminale) de pouvoir revenir à travers des images, des vidéos et de petits textes sur ce que nous avons traité (en plus de son traditionnel cahier de cours). 

Cet outil nous permet de constituer  petit à petit notre "musée imaginaire" , mémoire de la classe ouverte à tous qui se constitue sur les trois années que les élèves passeront ensemble.

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Redéfinir sa posture enseignante en tricotant des liens invisibles

Pour introduire les formations que je donne "les usages des réseaux sociaux en pédagogie" ,  j’utilise souvent la méthode dite des "pelotes de laine" de Christophe Batier. . L’idée est de faire tirer entre les membres d’un même auditoire des fils de laine: ces fils représentent les liens invisibles qui nous rassemblent et créent un réseau social. "Ceux qui fument, ceux qui courent, ceux qui cuisinent, les amateurs de thé, les adeptes de loisirs créatifs…". Pour plus de détails : lisez le descriptif qu’en fait Christophe (ici)

Lorsque je commence une intervention, j’ai, face à moi, un groupe qui peut aller d’une dizaine à une cinquantaine de personnes. Un groupe qui fait bloc: des enseignants, formateurs, personnels de direction unis par un espace commun d’éducation. Ils sont là (de gré ou de force!) pour écouter ce que je vais leur raconter sur mes usages.  Il y a celui qui est déjà convaincu, celui qui est attentif mais aussi celui qui baille, celui qui ne voulait pas, celui qui est arrivé  en retard, celui qui discute septique avec sa voisine…
Vu de l’estrade, ça donne ça : en vert l’intervenante, en rouge l’auditoire

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En introduction, je lance mes pelotes avec cette phrase "je vous présente un premier outil numérique!". Je vois l’auditoire déconcerté, obligé de se redresser, de s’impliquer, de se questionner. Alors les fils se tendent, les pelotes volent, la parole se libère, les fils s’emmêlent, les rires fusent. Je passe d’un groupe très sage à des individus bruyants. J’entends parler de pâtisseries, de marathon, d’une nouvelle méthode pour cesser de fumer, du thé préféré…
Pour la dernière pelote à lancer, je leur demande, puisqu’ils ont bien compris le principe, de choisir le thème : "ceux qui font de la photo, ceux qui aiment les séries américaines, les voyages, les polars.." . Ils débattent, s’agitent, s’affrontent en cherchant surtout à intégrer celui qui n’a toujours pas tenu un brin de laine! 
Je n’ai que 5 pelotes à lancer: ils regrettent tous qu’il n’y en ait pas plus! Ils revendiquent d’autres thèmes, ont encore envie de jouer. 
Petit à petit je récupère les fils, ils reforment les pelotes, me les rendent : la parole libérée ne se tarit pas. Il faut pourtant que je reconcentre l’auditoire pour la suite de ma présentation! 

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Cet exercice permet un changement de posture : d’un groupe passif et consommateur, on passe à des individus acteurs, impliqués, valorisés, qui s’expriment et produisent du contenu. Chacun avec son identité propre et des compétences indivuduelles à prendre en compte. 
L’ensemble est bruyant, paraît dissipé, n’est plus "contrôlé", est à reconcentrer. Mais c’est bien cet instant que je préfère : ce passage de passif à acteur, de consommateur à producteur. 

Cette activité introductive réunit finalement tout ce que je tends à mettre en place en classe: piquer la curiosité, individualiser les apprentissages, impliquer et  integrer tous les élèves, les faire apprendre en jouant, les rendre acteurs, producteurs, les amener à débattre, à analyser, à se confronter, à progresser. Sans perdre pour autant le fil conducteur de ma tâche: leur  apporter des savoirs et des compétences! 

La configuration de l’espace d’apprentissage s’en voit profondément modifié :

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Réseaux sociaux et pédagogie: Comment imaginer le binôme?

Objectifs, leviers, freins, exemples, bilan et perspective de 5 ans d’usages des réseaux sociaux en classe

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Pinterest en classe: 1er bilan

Après plusieurs séances d’usage de l’outil en classe, voici un 1er bilan: 

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  • ( Comme je l’avais imaginé) L’outil est très facile d’accès pour l’élève : il comprend rapidement l’ergonomie, les fonctionnalités et se l’approprie rapidement
  • La fonction "recherche" sur Pinterest est pertinente pour augmenter le cours de ressources. Exemple:  lors de mon cours sur les Surréalistes, nous étudions un tableau de Picasso mais je peux aborder rapidement les dessins de Cocteau en tapant son nom dans la recherche etc
  • Lors que l’image est issue d’un site internet (répertorié par son URL) : en cliquant sur l’image, on accède au site. La ressource s’en trouve enrichie.  Exemple: une peinture de Dali renvoie à un site explicatif de son oeuvre où se côtoient textes, tableaux et vidéos du peintre.
  • Utiliser Pinterest en compte unique pour la classe permet de créer un seul espace de plusieurs galeries (on dit "tableau" sur Pinterest) : espace commun à la classe (ouvert à l’Extérieur) où les élèves collaborent, mutualisent. Ils identifient leurs productions par leurs initiales en fin de texte.  Ouvrir sur 16 postes en simultané sur le même compte n’a posé aucun problème. Comme nous sommes sur le même compte, je peux prendre la main sur une épingle (pour corriger les fautes par exemple) simultanément à l’élève.
  • Activité 1/ créer une galerie de peintures du courant surréaliste. La recherche documentaire est facile à mettre en oeuvre. Je peux suivre en temps réel la constitution de ce "tableau" et accompagner chaque élève dans sa recherche.
    Exemple: Plusieurs élèves n’ont tapé que "peintre surréaliste" dans Google et ont choisi des peintures d’un peintre russe Vladimir Kush qui n’est pas issu du courant Surréaliste. La recherche a été mal menée. Nous avons pu débattre en direct sur ces choix, j’ai pu identifier aussitôt le problème et mettre en place la remédiation nécessaire. Même simultanéité de la remédiation lors de l’écriture de texte.

 

  • Constituer une banque d’images est une activité ludique qui plait à l’élève mais qui permet surtout qu’il se l’approprie: comme l’espace est mutuel, il a souci de créer une épingle (image+texte) de qualité. L’appropriation de l’espace amène à des savoirs qui s’acquièrent mieux. J’ai été surprise de constater que les élèves se souvenaient d’une séance à l’autre des noms de peintres et des tableaux.
  • 2ème activité: toujours dans l’objet d’étude sur le Surréalisme, ils devaient créer un "tableau" d’épingles "à la manière de Magritte : ceci n’est pas …(une pipe)". L’élève choisit dans Google images un objet, l’épingle et le détourne de la représentation qu’on s’en fait. La partie "description" permet de rédiger un texte de 500 caractères: suffisant pour la consigne d’écriture donnée. Là encore, le "tableau" se forme en simultané, je peux suivre les travaux de tous les élèves et travailler avec chacun. On peut donc utiliser Pinterest comme espace de création qui s’adapte à une activité pédagogique en amont. 

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  • Ces galeries d’images relatives à notre objet d’étude en français permettent de constituer une "banque" d’images et de textes" qui reste à disposition de l’élève lors en hors classe. Galerie sur lequel il peut s’appuyer pour revoir son cours mais aussi l’enrichirExemple : Nous avons abordé plusieurs œuvres de Magritte et je leur ai proposé, pour ceux qui le souhaitent, de créer une galerie de peintures de cet artiste. L’élève peut s’approprier l’outil pour agréger des  ressources qui serviront à tout le groupe-classe.
  • 3ème activité: Dans le cadre d’une séance sur "les Surréalistes et la Guerre", j’ai créé une galerie avec 3 œuvres sans donner un titre complet à la galerie "les Surréalistes …". Je voulais que les élèves définissent le thème en partant du Corpus de peintures. Le titre est complété ensuite lors que le thème est défini. L’élève est invité là encore à agréger d’autres ressources à cette galerie.
  • 4ème activité: Lors d’heures dédiées à la réalisation d’un projet de classe, un groupe d’élèves devait faire des recherches sur l’Assemblée Nationale. Ils ont eu pour consigne de créer une galerie dédiée à cet édifice et à ses fonctions. Chaque image doit être augmentée d’une description. J’aimerais qu’ils utilisent l’outil dans chaque matière abordée pour créer un espace de ressources visuelles complémentaires à leur cours:  un espace scolaire numérique personnalisé et collaboratif ! 

En conclusion provisoire: l’outil convient très bien à ma pédagogie, à mon public d’élèves et je compte l’exploiter encore plus en français, histoire, éducation civique, géographie et ateliers rédactionnels. Je souhaite aussi développer sa fonction collaborative et mutualisante avec d’autres apprenants s’appuyant sur des  ressources qu’il créeront eux-mêmes…

A suivre !

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Utiliser Pinterest en classe

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 Avec ma classe de Première bac pro, nous commençons en français, à utiliser le réseau social et de partage d’images "Pinterest". 

J’y vois, a priori, une vraie plus-value pédagogique: 

  • Ressources :

- L’élève se crée SA banque d’images, variée et riche accessible en classe et hors temps de classe

(qui permet de restreindre le nombre de photocopies et de travailler sur du noir et blanc)

  • Recherche, création et écriture

-l’élève travaille sur la notion de source d’un document et organise une recherche réfléchie

- l’élève  crée sa propre ressource: recherche image / épinglage

-l’élève rédige le texte selon la consigne d’écriture donnée et réfléchit à la pertinence des mots-clefs

-l’élève a à disposition une banque d’images pour révision d’examen

  • Partage, collaboration, mutualisation

-La ressource est synchronisable avec les réseaux sociaux utilisés en classe

-L’espace crée (un compte classe ou un compte par élève) peut être utilisée par toute l’équipe pédagogique dans toutes les matières: multiplication des tableaux et des entrées

- La ressource créée est partageable, mutualisable et collaborative avec d’autres groupes d’apprenants de même ou différent niveau

1ère activité pédagogique incluant Pinterest:

-Objet d’étude, Français, 1ère bac pro "du côté de l’imaginaire".

Nous travaillons sur le surréalisme : Découvrir/ analyser des œuvres surréalistes pour développer  l’imaginaire par l’écriture

Sur Pinterest: les élèves ont à créer une galerie d’œuvres visuelles surréalistes avec commentaires.

L’élève

- recherche sur Internet une œuvre

-identifie la source (peintre, titre, date) et vérifie qu’il s’agit bien d’un peintre du Surréalisme

-épingle l’œuvre sur le Pinterest de classe

- la commente  selon la consigne d’écriture donnée: Nature et source + “ j’imagine une histoire à partir des éléments du tableau à la manière d’un auteur surréaliste” (500 caractères max)

-Le groupe-classe construit et mutualise sa propre ressource qu’il pourra exploiter en cours et pour ses révisions d’examen.

…A suivre !  Je ferai plus tard un bilan (leviers et freins) de l’outil dans ses usages en pédagogie

Voici le tutoriel basique d’accompagnement que j’ai créé pour les aider à se lancer. Mais je n’ai aucune crainte, l’outil est très simple d’approche et d’usage:

<div style="margin-bottom:5px"> <strong> <a href="https://fr.slideshare.net/Laujuin/tutoriel-pinterest-26310117&quot; title="Tutoriel pinterest" target="_blank">Tutoriel pinterest</a> </strong> from <strong><a href="http://www.slideshare.net/Laujuin&quot; target="_blank">Laurence Juin</a></strong> </div>

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Petit précis d’usages de Twitter en classe

Vous voulez introduire les réseaux sociaux dans votre pédagogie? Voici quelques conseils et pistes de réflexion avant de se lancer

  • Avant de commencer :

Se familiariser avec l’outil  pour bien comprendre ses paramètres et ses fonctionnalités : « philosophie » du réseau choisi,  codes de communication etc

  1. Pourquoi l’utiliser ?

L’outil devient pédagogique si on lui en donne la fonction. L’utiliser en classe sans cette réflexion peut amener au risque « technologique » ET à improductivité pédagogique.

Les nombreux témoignages que l’on peut lire sur l’usage de twitter en classe (répertories par Bertrand Formet ici  ) nous montrent que les usages peuvent en être très variés:

  • courtes productions écrites en classe
  • éducation à l’internet et éducation citoyenne
  •  live-tweet de sorties/voyages scolaires
  •  moyen de communication, soutien, interactivité sur temps personnel de l’élève,
  • ouverture de la classe à un plus large réseau etc.
  • usage ponctuel pour un projet …etc
  1. Quand l’utiliser?
  • Sur le temps de classe
  • Hors temps de classe (communication élèves-enseignants)
  • Des échanges synchrones ou asynchrones? Les échanges synchrones sont possibles si bien préparés. Les balises (#hashtag) permettent d’entretenir et de suivre des échanges même asynchrones

2. Un compte classe ou des comptes élèves?

  • Un compte classe?
  • Un compte par élève?
  • Un compte élève à n’utiliser qu’en classe?
  • Un compte élève personnel?

Les nombreux exemples d’usages de Twitter en classe montrent tout type de  gestion : organiser les comptes selon les usages qu’on veut en faire et surtout du public élève.

Le compte classe est souvent le plus adapté avec les classes de primaire et de collège. C’est l’enseignant qui gère le mot de passe, qui organise la production de tweets. L’élève peut y écrire mais sous l’autorité et les conseils  de l’enseignant. Non pour « contrôler ou restreindre l’élève » mais bien pour l’accompagner dans une éducation au web 2.0 cohérente.

Au lycée (ou en fin de collège s’il a reçu une vraie éducation numérique) l’élève acquiert un début de maturité, entre autres, numérique qui lui permet de mieux appréhender les enjeux liés à de telles pratiques.

La dissociation stricte des comptes personnels de l’enseignant et des élèves des comptes «classe » est nécessaire. Le réseau social tendrait à atténuer ces barrières strictes que la fonction d’enseignant impose mais l’enseignant reste enseignant qu’il s’adresse à l’élève en classe ou via un ordinateur. « ne tweetez pas ce que vous ne diriez pas dans une salle de classe ».

3.  Avec quels moyens ?

En classe:      

  • Selon l’usage qu’on en fait, il est nécessaire que ça soit en corrélation avec le matériel. Impossible d’imaginer faire tweeter 30 élèves sur leurs 30 comptes avec 10 postes sur une heure de cours ! Les élèves ont-ils besoin de tous tweeter? Tous au même moment? Tous sur leur compte-élève? Difficile d’avoir 30 postes à disposition dans une salle…et puis difficile de gérer, de lire et d’interagir avec la production de 30 tweeteurs sur une heure de cours ! Le matériel est donc à gérer avec les usages souhaités.
  • Des postes/tablettes/smartphones à disposition régulière dans une salle permettent de développer un usage régulier et souple de l’usage d’un réseau social en classe.
  • Un poste enseignant relié à un vidéoprojecteur pour montrer le mur de tweets est un équipement qui est un levier certain à l’usage.

Hors temps de classe:

L’équipement personnel de l’élève est obligatoirement à prendre en compte pour adapter les usages hors temps de classe. Impossible d’exiger des élèves des interactions sur le réseau hors temps de classe si certains n’ont pas un accès personnel à internet. Les équipements peuvent être très variés: équipements inexistant, familial partagé ou au contraire suréquipement avec un ordinateur personnel et/ou un smartphone. A prendre aussi en compte les élèves internes

4. Quelles démarches officielles?

  • Présenter et soumettre le projet d’usages de réseaux sociaux en classe à ses direction/référents et autorités pédagogiques est nécessaire, utile voire même obligatoire quand l’élève est mineur.  En présentant un projet pédagogique cohérent, l’adhésion n’en sera que plus facilitée.
  • Présenter le projet aux parents d’élèves est nécessaire. Comprendre l’outil, démontrer l’intérêt pédagogique permet de facilité la collaboration et l’adhésion au projet.
  • établir avec le groupe-classe une charte d’usages du réseau social (adaptée au projet) . C’est l’âge où ils découvrent le web 2.0 avec l’usage des réseaux sociaux, des blogs ou des tchats. Utiliser les réseaux sociaux en classe doit être dissocié de leurs pratiques et usages personnels. Exemple ici
  • prévoir les autorisations de diffusion des prénoms et noms des élèves
  • prévoir une autorisation de diffusion de photos de l’élève (avatar pour le compte, photos lors de sorties…)

5.  Quelle entrée en réseau social pour l’élève?

Avant de lancer :

  • mener une vraie éducation au Web 2.0 auprès des élèves concernés. Ce n’est pas parce qu’ils utilisent beaucoup les réseaux sociaux qu’ils maîtrisent tous les paramètres liés à ces usages.
  • Réfléchir à la création d’une identité numérique positive: quel pseudo, quel avatar, quelle biographie ? Quelles informations l’élève veut-il/doit-il diffuser? Etc.

En conclusion, utiliser les réseaux sociaux du net dans sa pédagogie permet beaucoup de possibilités, les usages sont variés et variables selon les besoins, adaptables à la classe, aux conditions de travail, aux programmes, aux équipes pédagogiques…etc. Une grande liberté qui ne doit pas faire oublier que ces usages doivent être très réglementés pour une vraie éducation

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Bilan d’une année scolaire (Quand le numérique est totalement intégré)

Lundi 10 juin, Vincent Peillon présentait un point d’étape de l’entrée de l’Ecole dans le Numérique . Un clip d’accueil a été lancé ( à voir ici ) qui clip m’a interpellé de par les objectifs annoncés…Objectifs ou espoirs?

J’ai surtout l"impression que ce clip illustre très bien le bilan de l’année scolaire qui s’ achève avec mes élèves ;)

Je me  suis servie de copies d’écran faites de ce clip pour revenir sur cette année.

  • Insertion dans la Société et la vie professionnelle

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Insertion dans la Société: 

Nous avons eu l’occasion de travailler en réseau et en liens avec des intervenants extérieurs à la classe: avec des journalistes pour une séquence de français (en détails ici) ou avec des étudiants indiens pour des séquences d’histoire et de géographie (en détails ici)

Insertion dans la vie professionnelle :

Via Twitter , Nous avons interagi avec 4 professionnels qui travaillent dans des domaines en lien avec la formation professionnelle des élèves. Ces échanges leur ont permis de concrétiser leur formation et les inscrire dans la Vie professionnelle (à découvrir sur Twitter avec la balise #decpro).

  • Mieux enseigner et apprendre

-Les usages du numérique permettent aussi de redéfinir les postures élèves et enseignants en inscrivant la classe dans un espace structuré mais ouvert et interagissant avec la Société. En détails et en schémas ici 

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  •  Personnaliser les apprentissages et renforcer le plaisir d’apprendre

-La multiplicité des réseaux et des outils qu’offre le Numérique permet d’imaginer des séquences pédagogiques aux supports inédits et variés. Nous avons utilisé en histoire et géographie des outils inédits comme Trip-Advisor, Go Travelling (détails ici ) . J’ai créé des scénarii pédagogiques qui ont permis de développer le plaisir et l’implication de l’élève dans ses apprentissages comme ici : création de comptes Twitter pour les grands personnages de la Renaissance.

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  • Favoriser les échanges avec les élèves et les parents 

L’usage de Google Drive avec le groupe-classe permet aux élèves d’avoir accès aux documents de cours en amont, en aval et en "direct" s’ils sont absents.  En détails ici .

La communication enseignants-élèves-parents est amplifiée grâce à un réseau actif : mail/Sms/Twitter/Google Drive

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  • Pour conclure, j’ai modifié mes pratiques du numérique en classe cette année: moins axées sur les réseaux sociaux, plus sur les outils développant le travail collaboratif et mutualisant. Les raisons sont diverses, j’en explique quelques unes ici. Il s’agissait surtout de poser les bases de travail et de communication avec ce groupe classe de Seconde que je vais accompagner en tant que professeur principal et professeur de lettres-histoire pendant 3 ans.

Le groupe-classe a facilement intégré tous ces outils dont il se sert au quotidien en classe et en dehors du temps de classe pour travailler et communiquer. Ils ont aussi permis de maintenir des liens sociaux et scolaires avec plusieurs élèves absents sur des périodes longues.

Nous poursuivrons ces pratiques à la rentrée prochaine. Il ne s’agit pas d’école numérique. Uniquement de pratiques pédagogiques intégrant tous les outils mis à disposition par la Société pour essayer d’apprendre mieux et avec plus de plaisir.
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Google Drive en classe: pour collaborer, mutualiser, sociabiliser…

J’utilise Google Drive depuis la rentrée 2012 avec mes élèves. J’avais déjà introduit cet outil avec une autre classe mais cette année, il fait partie active et quotidienne de mes cours et de ma pédagogie.

Pour quels usages? Nous l’utilisons en cours, hors temps de classe et lors des périodes de stage des élèves.

Une adresse Gmail

En début d’année, j’ai fait créer à chacun de mes élèves une adresse Gmail qu’ils sont tenus d’utiliser dans tous les échanges élève-enseignant-tuteur de stage. Ca fait partie du référentiel de leur enseignement professionnel et ça m’a permis une 1ère approche d’éducation à l’identité numérique. Comme cette adresse sert dans un cadre scolaire et préprofessionnel, elle doit être identifiante et valorisante tout comme l’avatar (s’il souhaite en associer un) et la signature numérique automatique. Pour ceux qui possédaient déjà une adresse mail, ils peuvent faire un transfert soit vers cette boite mail, soit vers leur boite « mère » (en suivant cette procédure ). Je me suis moi aussi créé une adresse Gmail dédiée aux  échanges avec mes élèves.

Google drive

Nous avons dès l’adresse créée à utiliser Google drive. L’outil est intuitif et simple d’usage, ce qui a permis à mes élèves une appropriation très rapide. Il offre beaucoup de possibilités (fonction dessin, feuille de calcul…) qui comble nos besoins.

En amont du cours : je  crée un document et rédige les consignes du  travail de classe pour les partager  avec les élèves en amont du cours : l’élève peut les découvrir pour préparer le cours.  L’usage est toujours inclus dans une séquence pédagogique comme ici 

En cours:

- L’élève rédige souvent sur Gdrive : au lieu de me rendre une copie, il partage avec moi un document.

-Les élèves travaillent en collaboratif sur un document : chaque sur leur poste, ils peuvent créer et mutualiser leurs travaux, recherches, écrits.

-L’élève mutualise et enrichit le travail de l’autre : construire leur cours ensemble permet à chacun de travailler et d’apporter ses savoirs et connaissances.

-L’élève a moins de documents papier puisque tout est partagé sur le document Gdrive : nous économisons ainsi beaucoup de papier et évitons la gestion du « cahier oublié » puisque tout est en ligne !

-L’élève est accompagné:  La possibilité du multi-couleur (une couleur pour chaque participant) et le partage du document me permet de suivre en synchrone la progression de leurs écrits. Grâce à la fonction commentaires, je peux aussi intervenir pour accompagner l’élève dans l’évolution de leur travail. L’élève, lui aussi, peut intervenir et me poser des questions.

 Maintenir le lien avec les absents: 

Puisque chaque document est partagé avec la classe, il est accessible aussi aux élèves absents du cours. Pour des raisons diverses, plusieurs de mes élèves ne sont pas présents en cours actuellement. L’usage de Google drive nous permet de travailler pourtant avec eux : soit par le simple partage de documents, soit par un travail à distance. L’élève sait ce que nous faisons en classe, peut réaliser le travail en temps réel, le rendre lui aussi. Le lien pédagogique et social n’est pas rompu : c’est essentiel dans la gestion de ces élèves absents !

En dehors du temps de classe, il nous permet des échanges faciles d’informations, de documents : travaux à rendre, tableau d’organisation, modifications d’heures de cours…etc. C’est un espace de stockage et d’échanges collaboratif et mutualisant qui correspond aux besoins que nous avons identifiés pour la classe. Le Cloud nous permet un espace de stockage comme d’échanges accessible partout : toutes les salles de l’établissement (classe, étude, CDI…) et chez soi, élèves comme enseignants. Au-delà du simple outil, c’est aussi un moyen de cohésion du groupe-classe autour d’un espace commun.

Et pourquoi pas un ENT ? Nous n’avons pas d’Espace Numérique de Travail qui pourrait remplacer cet outil. Et je tiens à initier mes élèves à des outils qu’ils pourront retrouver en entreprise : ils sont en section professionnalisante Gestion-administration. Etre capable de créer et utiliser un espace virtuel d’échanges et de partage entre dans leurs savoirs et compétences à acquérir.

Utiliser un outil Google en classe me permet de continuer leur éducation à Internet : qui gère les données que nous laissons dans le Cloud,  à qui sont-elles accessibles etc. Les rendre conscients et responsables de leurs usages de l’Internet.

Le bilan après une année scolaire d’usages est donc très positif. Nous travaillons toujours avec des cahier et des livres, les élèves écrivent encore avec un stylo (;) mais nous avons ajouté un outil qui fait partie intégrante de nos cours et de notre travail.

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Pourquoi je n’utilise plus (beaucoup) Twitter en classe

Force est de constater qu’au bout de 4 ans, j’utilise de moins en moins Twitter en classe. Alors que s’en multiplient les usages et les expérimentations (310 classes francophones répertoriées à ce jour ), je constate que je nage à contre-courant de cette vague.

J’ai défini depuis le début de mon exploitation des réseaux en classe cinq objectifs majeurs:
1. l’éducation à l’internet et aux réseaux sociaux
2. communiquer avec la classe
3. écrire
4. ouvrir la classe
5. impliquer et valoriser

Objectif 1 : éduquer à l’internet et aux réseaux
J’ai constaté une évolution avec ma nouvelle classe de Seconde dès la rentrée (à lire ici) : cette génération de 14/16 ans est devenu adolescente avec Facebook, connait déjà Twitter. Si je les initiais à un nouveau réseau il y a 2 ou 3 ans, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ils baignent dans cette culture du réseau social du Net, comprennent aussitôt les tenants et aboutissants, ont déjà reçu une éducation à l’Internet au collège. L’aspect innovant n’existe plus. Utiliser un réseau social est courant, commun. J’y perds donc en « attrait ».

Pour autant, connaissance ne veut pas dire réflexion et prise de conscience ! Nous continuons donc à travers nos usages cette éducation.

Objectif 2 : Communiquer avec la classe

C’était un des objectifs que j’ai cherché à largement développer la 1ère année. Ca a fini par fonctionner parce que j’activais beaucoup la communication : messages, les #soyezcurieux, des infos inédites…

Mais je me suis épuisée, ai trouvé de moins en moins d’énergie et donc d’envie à activer cette communication. Et elle s’est perdue petit à petit. Aujourd’hui, nous n’utilisons que Twitter en classe et pas hors classe.
Comme nous travaillons beaucoup avec Google Drive, c’est pour le moment par mail que nous communiquons : mais la dimension « réseau » disparaît.
C’est finalement vers Facebook que nous allons nous replier. Parce que l’évidence est là : c’est encore sur ce réseau que les adolescents sont le plus présents. Alors pourquoi essayer de créer un réseau ailleurs quand il existe déjà ? Nous allons créer à la rentrée prochaine un groupe fermé qui nous permettra de communiquer et échanger en réseau en intra-classe. Je perds la notion d’ouverture mais il y a des infos qui n’ont pas besoin d’être « grand public » comme un changement d’emploi du temps ou un devoir à rendre. Je suis leur professeur principale, nous avons beaucoup d’informations de ce type à échanger. Quel intérêt en réseau ouvert ?

Twitter et Facebook ont leurs qualités (et leurs défauts!) qui leur sont propres: nous allons donc utiliser les deux selon nos besoins.

Objectifs 3/4/5 : Ecrire et Ouvrir pour Valoriser

Twitter permet d’écrire, de publier. Même si ce sont des micro-messages, l’acte d’écrire existe. Mais écrire et publier suppose t-il qu’on soit lu pour autant ?
Quand j’ai commencé à utiliser Twitter avec mes élèves, en 2009, c’était simple: un territoire quasi vierge où nous avons évolué de manière visible: c’était facile, nous étions les seuls à utiliser Twitter en classe ! Alors ce que nous écrivions était lu, les appels à contribution étaient relayés en nombre, les interactions étaient fortes et de qualité.
Etre peu permettait de former un réseau solide et mes élèves ont pu profiter de cette opportunité.
De cet espace « cosy », nous sommes passés à une terre très grand public. Il n’est plus question de croire que ce que nous publions en classe est lu par un grand nombre.
Parce qu’il y a multiplication des classes qui tweetent et parce que les tweets sont noyés dans un flux énorme. (A voir cette carte mondiale de l’activité Twitter en temps réel http://tweetping.net/).
Si l’élève tweete et que personne ne lit ce tweet, quel est l’intêret ? Nous atteignons l’objectif 3 de l’écriture mais plus le 4 (ouvrir) et le 5 (valoriser).

Nos pratiques ont donc changé au fur et à mesure de l’évolution de Twitter

Le réseau que nous avons créé à nos débuts sur Twitter est solide et persistant : je m’appuie aujourd’hui dessus pour travailler avec mes élèves. Quand nous avons travaillons sur des projets, ce réseau permet des opportunités d’échanges, de réflexions, de connaissances qui justifient l’usage du réseau social en classe :

- Lorsque mes élèves tweetent avec les étudiants des Alliances françaises en Inde : il y a lecture et exploitation de leurs tweets, ouverture de la classe
- Lorsque mes élèves échangent avec des professionnels (sous la balise #decpro) il y a écrire, publication, lecture, communication, valorisation et apprentissage.
Les 5 objectifs fixés sont alors atteints.

Aujourd’hui j’utilise le réseau social en classe comme vecteur de projet : le réseau nous permet de communiquer, interagir avec des acteurs extérieurs à la classe. Nous sommes toujours dans un processus d’écriture et de publication mais avec l’assurance de lecture puisqu’il s’agit d’une situation de communication avec récepteur garanti lecteur.

En conclusion, si j’utilise beaucoup moins Twitter en classe aujourd’hui, ce n’est par une volonté farouche mais bien pour suivre une évolution. Le réseau social est en constante évolution: évolution du contenu, évolution des pratiques, évolution des émetteurs. Comme il y a constante évolution et changement du public élèves! A chaque nouvelle classe, j’ai souhaité changer de compte Twitter pour poser cette évolution. Avec l’usage de Twitter en classe, je n’ai pas souhaité créer de modèle, seulement utiliser un outil.

Je suis persuadée qu’une année prochaine, je n’utiliserai plus beaucoup ou du tout Twitter en classe parce que Twitter sera dépassé par un autre outil et que j’aurai trouvé mieux ;)

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