Google Drive en classe: pour collaborer, mutualiser, sociabiliser…

J’utilise Google Drive depuis la rentrée 2012 avec mes élèves. J’avais déjà introduit cet outil avec une autre classe mais cette année, il fait partie active et quotidienne de mes cours et de ma pédagogie.

Pour quels usages? Nous l’utilisons en cours, hors temps de classe et lors des périodes de stage des élèves.

Une adresse Gmail

En début d’année, j’ai fait créer à chacun de mes élèves une adresse Gmail qu’ils sont tenus d’utiliser dans tous les échanges élève-enseignant-tuteur de stage. Ca fait partie du référentiel de leur enseignement professionnel et ça m’a permis une 1ère approche d’éducation à l’identité numérique. Comme cette adresse sert dans un cadre scolaire et préprofessionnel, elle doit être identifiante et valorisante tout comme l’avatar (s’il souhaite en associer un) et la signature numérique automatique. Pour ceux qui possédaient déjà une adresse mail, ils peuvent faire un transfert soit vers cette boite mail, soit vers leur boite « mère » (en suivant cette procédure ). Je me suis moi aussi créé une adresse Gmail dédiée aux  échanges avec mes élèves.

Google drive

Nous avons dès l’adresse créée à utiliser Google drive. L’outil est intuitif et simple d’usage, ce qui a permis à mes élèves une appropriation très rapide. Il offre beaucoup de possibilités (fonction dessin, feuille de calcul…) qui comble nos besoins.

En amont du cours : je  crée un document et rédige les consignes du  travail de classe pour les partager  avec les élèves en amont du cours : l’élève peut les découvrir pour préparer le cours.  L’usage est toujours inclus dans une séquence pédagogique comme ici 

En cours:

- L’élève rédige souvent sur Gdrive : au lieu de me rendre une copie, il partage avec moi un document.

-Les élèves travaillent en collaboratif sur un document : chaque sur leur poste, ils peuvent créer et mutualiser leurs travaux, recherches, écrits.

-L’élève mutualise et enrichit le travail de l’autre : construire leur cours ensemble permet à chacun de travailler et d’apporter ses savoirs et connaissances.

-L’élève a moins de documents papier puisque tout est partagé sur le document Gdrive : nous économisons ainsi beaucoup de papier et évitons la gestion du « cahier oublié » puisque tout est en ligne !

-L’élève est accompagné:  La possibilité du multi-couleur (une couleur pour chaque participant) et le partage du document me permet de suivre en synchrone la progression de leurs écrits. Grâce à la fonction commentaires, je peux aussi intervenir pour accompagner l’élève dans l’évolution de leur travail. L’élève, lui aussi, peut intervenir et me poser des questions.

 Maintenir le lien avec les absents: 

Puisque chaque document est partagé avec la classe, il est accessible aussi aux élèves absents du cours. Pour des raisons diverses, plusieurs de mes élèves ne sont pas présents en cours actuellement. L’usage de Google drive nous permet de travailler pourtant avec eux : soit par le simple partage de documents, soit par un travail à distance. L’élève sait ce que nous faisons en classe, peut réaliser le travail en temps réel, le rendre lui aussi. Le lien pédagogique et social n’est pas rompu : c’est essentiel dans la gestion de ces élèves absents !

En dehors du temps de classe, il nous permet des échanges faciles d’informations, de documents : travaux à rendre, tableau d’organisation, modifications d’heures de cours…etc. C’est un espace de stockage et d’échanges collaboratif et mutualisant qui correspond aux besoins que nous avons identifiés pour la classe. Le Cloud nous permet un espace de stockage comme d’échanges accessible partout : toutes les salles de l’établissement (classe, étude, CDI…) et chez soi, élèves comme enseignants. Au-delà du simple outil, c’est aussi un moyen de cohésion du groupe-classe autour d’un espace commun.

Et pourquoi pas un ENT ? Nous n’avons pas d’Espace Numérique de Travail qui pourrait remplacer cet outil. Et je tiens à initier mes élèves à des outils qu’ils pourront retrouver en entreprise : ils sont en section professionnalisante Gestion-administration. Etre capable de créer et utiliser un espace virtuel d’échanges et de partage entre dans leurs savoirs et compétences à acquérir.

Utiliser un outil Google en classe me permet de continuer leur éducation à Internet : qui gère les données que nous laissons dans le Cloud,  à qui sont-elles accessibles etc. Les rendre conscients et responsables de leurs usages de l’Internet.

Le bilan après une année scolaire d’usages est donc très positif. Nous travaillons toujours avec des cahier et des livres, les élèves écrivent encore avec un stylo (;) mais nous avons ajouté un outil qui fait partie intégrante de nos cours et de notre travail.

Tagué

Pourquoi je n’utilise plus (beaucoup) Twitter en classe

Force est de constater qu’au bout de 4 ans, j’utilise de moins en moins Twitter en classe. Alors que s’en multiplient les usages et les expérimentations (310 classes francophones répertoriées à ce jour ), je constate que je nage à contre-courant de cette vague.

J’ai défini depuis le début de mon exploitation des réseaux en classe cinq objectifs majeurs:
1. l’éducation à l’internet et aux réseaux sociaux
2. communiquer avec la classe
3. écrire
4. ouvrir la classe
5. impliquer et valoriser

Objectif 1 : éduquer à l’internet et aux réseaux
J’ai constaté une évolution avec ma nouvelle classe de Seconde dès la rentrée (à lire ici) : cette génération de 14/16 ans est devenu adolescente avec Facebook, connait déjà Twitter. Si je les initiais à un nouveau réseau il y a 2 ou 3 ans, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ils baignent dans cette culture du réseau social du Net, comprennent aussitôt les tenants et aboutissants, ont déjà reçu une éducation à l’Internet au collège. L’aspect innovant n’existe plus. Utiliser un réseau social est courant, commun. J’y perds donc en « attrait ».

Pour autant, connaissance ne veut pas dire réflexion et prise de conscience ! Nous continuons donc à travers nos usages cette éducation.

Objectif 2 : Communiquer avec la classe

C’était un des objectifs que j’ai cherché à largement développer la 1ère année. Ca a fini par fonctionner parce que j’activais beaucoup la communication : messages, les #soyezcurieux, des infos inédites…

Mais je me suis épuisée, ai trouvé de moins en moins d’énergie et donc d’envie à activer cette communication. Et elle s’est perdue petit à petit. Aujourd’hui, nous n’utilisons que Twitter en classe et pas hors classe.
Comme nous travaillons beaucoup avec Google Drive, c’est pour le moment par mail que nous communiquons : mais la dimension « réseau » disparaît.
C’est finalement vers Facebook que nous allons nous replier. Parce que l’évidence est là : c’est encore sur ce réseau que les adolescents sont le plus présents. Alors pourquoi essayer de créer un réseau ailleurs quand il existe déjà ? Nous allons créer à la rentrée prochaine un groupe fermé qui nous permettra de communiquer et échanger en réseau en intra-classe. Je perds la notion d’ouverture mais il y a des infos qui n’ont pas besoin d’être « grand public » comme un changement d’emploi du temps ou un devoir à rendre. Je suis leur professeur principale, nous avons beaucoup d’informations de ce type à échanger. Quel intérêt en réseau ouvert ?

Twitter et Facebook ont leurs qualités (et leurs défauts!) qui leur sont propres: nous allons donc utiliser les deux selon nos besoins.

Objectifs 3/4/5 : Ecrire et Ouvrir pour Valoriser

Twitter permet d’écrire, de publier. Même si ce sont des micro-messages, l’acte d’écrire existe. Mais écrire et publier suppose t-il qu’on soit lu pour autant ?
Quand j’ai commencé à utiliser Twitter avec mes élèves, en 2009, c’était simple: un territoire quasi vierge où nous avons évolué de manière visible: c’était facile, nous étions les seuls à utiliser Twitter en classe ! Alors ce que nous écrivions était lu, les appels à contribution étaient relayés en nombre, les interactions étaient fortes et de qualité.
Etre peu permettait de former un réseau solide et mes élèves ont pu profiter de cette opportunité.
De cet espace « cosy », nous sommes passés à une terre très grand public. Il n’est plus question de croire que ce que nous publions en classe est lu par un grand nombre.
Parce qu’il y a multiplication des classes qui tweetent et parce que les tweets sont noyés dans un flux énorme. (A voir cette carte mondiale de l’activité Twitter en temps réel http://tweetping.net/).
Si l’élève tweete et que personne ne lit ce tweet, quel est l’intêret ? Nous atteignons l’objectif 3 de l’écriture mais plus le 4 (ouvrir) et le 5 (valoriser).

Nos pratiques ont donc changé au fur et à mesure de l’évolution de Twitter

Le réseau que nous avons créé à nos débuts sur Twitter est solide et persistant : je m’appuie aujourd’hui dessus pour travailler avec mes élèves. Quand nous avons travaillons sur des projets, ce réseau permet des opportunités d’échanges, de réflexions, de connaissances qui justifient l’usage du réseau social en classe :

- Lorsque mes élèves tweetent avec les étudiants des Alliances françaises en Inde : il y a lecture et exploitation de leurs tweets, ouverture de la classe
- Lorsque mes élèves échangent avec des professionnels (sous la balise #decpro) il y a écrire, publication, lecture, communication, valorisation et apprentissage.
Les 5 objectifs fixés sont alors atteints.

Aujourd’hui j’utilise le réseau social en classe comme vecteur de projet : le réseau nous permet de communiquer, interagir avec des acteurs extérieurs à la classe. Nous sommes toujours dans un processus d’écriture et de publication mais avec l’assurance de lecture puisqu’il s’agit d’une situation de communication avec récepteur garanti lecteur.

En conclusion, si j’utilise beaucoup moins Twitter en classe aujourd’hui, ce n’est par une volonté farouche mais bien pour suivre une évolution. Le réseau social est en constante évolution: évolution du contenu, évolution des pratiques, évolution des émetteurs. Comme il y a constante évolution et changement du public élèves! A chaque nouvelle classe, j’ai souhaité changer de compte Twitter pour poser cette évolution. Avec l’usage de Twitter en classe, je n’ai pas souhaité créer de modèle, seulement utiliser un outil.

Je suis persuadée qu’une année prochaine, je n’utiliserai plus beaucoup ou du tout Twitter en classe parce que Twitter sera dépassé par un autre outil et que j’aurai trouvé mieux ;)

Tagué

Utiliser Tripadvisor et GoproTravelling en cours d’histoire et géographie

Il n’est pas difficile de constater que dès lors que l’élève est mis en situation de création, les apprentissages s’en voient facilités et optimisés. Je l’ai constaté (encore une fois!) dans ma précédente séquence d’histoire avec la création de comptes twitter pour les grands personnages de la Renaissance (le détail ici) . Et je vais récidiver dans la séquence suivante intitulée "voyages et découvertes au XVIème-XVIIIème siècle".

Bien qu’objet d’étude d’histoire, cette séquence est très liée à la géographie puisqu’il s’agit de voyage et de découverte de nouveaux territoires (Gama, Cartier, Colomb, Magellan…). Repérer une situation dans l’espace et dans le temps, et cartographier sont les deux capacités sur lesquelles je vais focaliser dans cette séquence.

Je vais amener les élèves à utiliser:

1.   Tripadvisor qui est un site d’avis de voyages qui rassemble des millions d’internautes à travers le monde. Le voyageur  (après s’être inscrit, l’outil est en ligne et gratuit) crée son profil, situe les places visitées, ajoute des photos, des commentaires sur les lieux, les hôtels, les restaurants. Il peut échanger sur un forum et par message.  C’est le "réseau social du voyageur".

L’élève va être amené à créer la fiche identitaire du Grand Explorateur.  Dans le profil Tripadvisor, le voyageur peut définir ses préférences de destination, son type de voyage et ses raisons à voyager. Ce profil va permettre à l’élève de définir les caractéristiques d’un grand explorateur de l’Epoque moderne: nationalité (définir de quel continent ils sont tous originaires et pourquoi) , type de voyage et destinations et motivations (différentes selon les périodes)

tripprofil

Quelles plue-values envisagées?

- C’est une forme autre ( ludique) de fiche biographique. J’ai constaté lors de la séquence précédente que mettre l’élève en situation théatrale ("je joue à être un grand personnage de la Renaissance") lui permet de mieux et plus s’investir dans la recherche biographique.

-Ce support  a pour avantage de cibler précisément sur l’importance du voyage pour le personnage étudié.

- Tripadvisor doit permettre d’amener l’élève à comprendre les différences entre le  voyage à l’époque moderne et le voyage à l’époque actuelle: qui peut voyager? Où? Par quels moyens de transports, financiers? Quels sont les motifs? Le questionnaire du profil Tripadvisor doit permet rapidement à l’élève de comprendre cet anachronisme: peut-on parler de vacances idéales pour Magellan?

2. Goprotravelling

Si TripAdvisor permet de cartographier les sites visités, il présente un inconvénient : il ne permet malheureusement pas de tracer un itinéraire de voyage.  Je vais amener l’élève à utiliser Goprotravelling :

C’est un site qui permet de au voyageur après inscription (outil en ligne et gratuit, inscription par mail) de tracer un itinéraire de voyage augmenté de photos, dates et commentaires. Une fois finalisé, le trajet s’anime sur une carte avec le moyen de transport utilisé, les photos déposées et sur fond musical choisi. Le trajet peut être partagé sur Twitter et Facebook.

gopro1

Après lecture de récits de voyages de grands explorateurs (Gama, Magellan, Colomb, Cartier, Bougainville, Cook = chaque groupe traite un des 6 explorateurs), l’élève va devoir cartographier l’itinéraire de l’explorateur. Il devra définir spatialement et chronologiquement le voyage: l’outil le permet. Il devra agrémenter chaque escale par une illustration de l’époque. Il devra commenter chaque escale reprenant les informations glanées dans le récit de voyage.

Quelles plus-values envisagées ? L’outil permet de cartographier un récit de voyage. La carte est visuelle car interactive. Elle permet d’allier repères spaciaux et repères temporels.

GoproTravelling présente un inconvénient : dans les moyens de transport à choisir pour tracer l’itinéraire, il ne propose pas le bateau ! J’ai choisi de faire tracer le trajet par avion: l’élève devra comparer les temps/distance parcourus à l’époque Moderne et ceux possibles aujourd’hui. La carte créée sera comparée avec le véritable tracé par bateau réalisé par l’explorateur. Comme avec Tripadvisor, il s’agit d’utiliser des outils numériques contemporains pour traiter des voyages d’il y a plus de 5 siècles ! Pas d’anachronisme mais bien des moyens de comprendre l’Histoire, l’évolution des techniques et des pratiques.

 Je donnerai le bilan de cette séquence dans les semaines à venir. 

Tagué ,

Quand Twitter et les journalistes entrent dans notre cours de français !

En novembre dernier , je lançais un appel via mon compte Twitter (différent de mon compte enseignant-classe) :

MD5

qui renvoie vers un billet du Tumblr de la classe :

tumblr

1. Le contexte du scénario pédagogique

Nous commencions à travailler en cours de français sur la construction de l’information (objet d’étude "la construction de l’information / programme de 2nde bac pro)  et nous avons focalisé sur le fait divers. Un genre qui plait toujours aux élèves et qui est facilement abordable: dans les médias presse, radio, télévision, chaque jour (malheureusement!) nous trouvons matière à analyser.

Puisque nous utilisons Twitter, puisque chaque élève suit pour une revue de presse bimensuelle un compte Twitter d’un Média "papier", j’ai pensé que nous pourrions utiliser Twitter pour traiter différemment de la thématique Fait Divers. Non plus pour traiter le fait divers en lui-même mais le travail du journaliste qui traite du fait divers : comprendre que derrière un article, il y a un journaliste et au delà, une personne.  Je souhaitais amener mes élèves à prendre en compte ces trois échelles.

J’ai donc lancé cet appel via Tumblr et Twitter ….sans savoir quel écho il aurait.

2. Solliciter ou non des interactions sur Twitter ? 

J’ai souvent sollicité mes abonnés Twitter dans mes projets de classe liés à ce réseau social. Souvent et c’est ce qui marche le mieux avec des tweeteurs avec qui j’ai conçu le projet comme pour #tweetfemme #géotweet ou #reverte.

Quand je lance un appel "à la cantonade", il n’est pas forcément relayé parce que chacun n’est pas connecté en permanence, n’est pas disponible forcément ou n’a tout simplement pas envie! Et puis parce qu’ "au début",  il n’y avait qu’une "twittclasse" et c’était plus facile d’avoir la primeur d’interactions ;) .

Parfois aussi, ça fonctionne fortement comme ce que nous avons vécu avec David Cordina lors de notre formation à Madras avec la balise #maville . Ici le timming était parfait (hasard du décalage horaire nous a fait tomber en plein petit déjeuner français: haute heure de tweetage!) , à nous deux nous touchons 6000 tweeteurs (ça aide!) et l’interaction demandée facilement réalisable: nombre de tweeteurs le matin partage une photo de leur environnement.

3. Hasard et  sérendipité 

Donc l’appel aurait pu n’aboutir à rien ! J’ai la chance d’avoir plusieurs journalistes parmi mes abonnés de  médias variés (nationaux ou locaux) que j’ai sollicités directement pour répondre à mon appel ou pour , au moins le relayer. Le retweet a fortement fonctionné mais je n’ai eu finalement "que" quatre retours.

J’avais imaginé avoir plus mais c’est aussi la loi de ces appels et finalement ce qu’il y a de meilleur: la sérendipité ! Comme une bouteille jetée à la mer: le message sera t-il reçu et quand fera le destinataire?

4. Exploitation pédagogique

Nous avons analysé ces quatre témoignages en classe. Intéressants par leur diversité (deux journalistes presse, un télé et un radio, idéal hasard!) et par l’implication émotionnelle dans le fait divers que chacun s’est employé à nous décrire.

Parmi ces témoignages, il y en a eu un beaucoup plus long rédigé par Marie Laurence Dalle (@melede17) , journaliste à France Bleu La Rochelle , qui nous a raconté longuement un fait divers local très connu (le meurtre d’une adolescente en plein été sur l’ile de Ré) qu’elle a suivi du début jusqu’au procès. Le témoignage était très riche et aussi très fort en émotions. Finalement nous avons reçu peu de témoignages mais hautement exploitables : la qualité plutôt que la quantité !

Ce qui n’aurait dû être qu’une analyse de témoignage s’est transformée en interactions via Twitter entre les élèves et la journaliste: ils lui ont posé beaucoup de questions sur le fait divers, son traitement en particulier, sur son travail de journaliste radio en général. ML Dalle a joué le jeu des questions réponses, de la disponibilité (asynchrone) pour expliquer, développer.


Nous avons finalement convenu ensemble d’une rencontre  journaliste-élèves au lycée pour que nous puissions plus longuement échanger.  Elle aura lieu en mars lors de la semaine de la presse et médias à l’école.

5. Ce que permet le réseau social ouvert

Le réseau social nous a permis ici de créer un lien, des interactions très facilement: c’est vraiment une des grandes forces de Twitter. Ce réseau permet l’ouverture vers le monde extérieur, je l’ai écrit ici maintes fois. C’est l’école "hors les murs", c’est l’Ecole qui place l’élève et ce qu’il apprend dans le contexte de la réalité.

C’est le réseau et surtout  ceux qui l’animent:  les journalistes qui m’ont répondu sont des "médias régionaux" ,

des journalistes encrés sur leur territoire habitués à générer des interactions fortes entre le public et l’information, qui utilisent les réseaux sociaux pour encore étendre et consolider ce maillage.

Journalistes qui ont compris que l’information et sa diffusion ne se fait plus dans un rapport dominant et vertical "journaliste-public" comme l’Ecole ne devrait plus être un rapport "maître-élève" …

 Je publierai sur le tumblr de la classe leurs témoignages s’ils m’en donnent l’autorisation. Merci à eux et en particulier à Marie LAurence Dalle pour leur disponibilité 

Tagué

Scénario pédagogique: "et si la Renaissance avait connu Twitter?"

Fiche pédagogique d’un scénario pédagogique que je mets en place avec mes élèves :

Public: seconde Bac pro Gestion Administration: 30 élèves qui travaillent en binome

Volume horaire 4h

Dispositif matériel: 15 postes élèves

Programme:

-Histoire : Objet d’étude 1 : humanisme et renaissance

-Français: Objet d’étude 2 "des goûts et de couleurs"

-Atelier rédactionnel: savoir créer une adresse mail, créer un compte de réseau social, gérer une ligne éditoriale et une identité numérique positive, établir une situation de communication (mail/réseau social…) , créer et gérer un espace collaboratif et mutualisant de travail dans le cloud (google drive)

Objectifs : l’élève crée un compte twitter pour un grand personnage de la Renaissance et l’amène à échanger avec les autres grands personnages de l’Epoque pour amener l’élève à

(Histoire)-comprendre l’importance du mouvement d’innovations (culture, arts, savoirs) à cette époque

(Hsitoire)- connaître les grandes figures de la Renaissance: artistes et humanistes

(Pro) -valider des compétences professionnelles (mail/réseau social/identité numérique/Cloud collaboratif)

(Français) -écrire selon une situation de communication définie

(Français) – analyser et interpréter une production artistique, Exprimer à l’écrit une impression et construire une appréciation esthétique à travers un échange d’opinions et situer une production artistique dans son contexte

// Ouvrir la classe aux échanges

// Interdisciplinarité avec le programme d’arts appliqués + CDI

Déroulement 

1. Recherches sur 15 grands personnages de la Renaissance : 2 élèves par personnage

  1. * Desiderius Erasmus – philosophe
  2. * Leonardo da Vinci -artiste
  3. * Nicolaus Copernicus – astronome
  4. * William Shakespeare – écrivain
  5. * Rene Descartes – philosophe
  6. * Claudio Monteverdi – musicien compositeur
  7. Benevenuto Cellini-artiste
  8. * Niccolo Macchiavelli – philosophe
  9. * Christophe Colomb – explorateur
  10. * Ferdinand Magellan – explorateur
  11. * Marco Polo – explorateur
  12. Francois I – Roi
  13. * Galileo Galilei – philosophe, astronome
  14. * Michelangelo – peintre, sculpteur
  15. * Raphael – peintre

2. Chaque binôme rédige une fiche biographique du personnage : nom, prénom, dates naissance et mort , "focntion/métier" , pourquoi est-il un personnage important de l’Epoque , productions majeures, image portrait

3. Le binôme rédige sa fiche sur Google drive (chaque élève a déjà ici un compte gmail)  et la partage avec l’enseignant qui la corrige en ligne

4. Le binôme crée une adresse mail (ici Yahoo) au nom du grand personnage

5. Chaque binôme crée un compte twitter  au nom du grand personnage: il définit et complète le pseudo, la biographie de son profil, crée un avatar/une bannière selon les éléments de la fiche biographique.

6. Chaque binôme active le compte twitter en tweetant des éléments informatifs, explicatifs sur ses productions, ses inventions, ses reflexions, ses voyages…Etc. Il ajoute aux tweets des liens vers des sites, des images, des vidéos grâce aux recherches complémentaires qu’il fait à propos de son personnage.

La balise obligatoire est #Renais

7. Chaque binôme  lit les tweets des autres Grands personnages, choisit les comptes qui l’intéressent (avec l’obligation de varier : un artiste, un penseur, un explorateur…), lit leurs tweets et interagit en posant des questions. Le binôme concerné poursuit ses recherches et répond.  Les grands personnages doivent respecter la chronologie: les tweets ne peuvent être anachroniques

8. Les élèves complètent un tableau de synthèse sur Google drive en reprenant les tweets émis sous la balise #Renais : savoir classer les grands personnages selon leur domaine (artiste, voyageur, penseur, scientifique) , productions majeures pour rédiger collectivement une synthèse sur le foisonnement intellectuel de la période historique.

A suivre avec le compte prof @gadoriole et la balise #Renais

———-

Evaluation 

La consigne : «vous annoncez dans un flyer un évènement autour de votre plus grande œuvre/découverte/voyage/écrit… qui aura lieu au muséum d’histoire naturelle de La Rochelle. Ce document doit comporter un titre, un slogan, au moins deux arguments, les coordonnées du Muséum et les dates de l’événement »

Créer un document publicitaire est une compétence professionnelle que doit acquérir l’élève : compétence que j’avais abordée avec eux précédemment en atelier rédactionnel. Il s’agit ici d’un pré-acquis à réinvestir.

Exemples de réalisations :

Flyers F2

Grille d’évaluation 

Savoirs rédactionnels : document publicitaire

 Non Acquis  VA  Acquis
Design de l’affiche
Espace occupé en totalité
Images de bonne qualité, attractives en rapport avec le thème
Couleurs adaptées
Police d’écriture lisible et atttractive

Texte

Nom du personnage / Annonce de l’événement
Slogan percutant
2 arguments attractifs
Coordonnées du musée selon la situation de communication
Evénement : date correcte (production)

Savoirs Rédactionnels : outils numériques

Je sais ouvrir mon réseau/ma boite mail/mon gdrive
Je sais utiliser gdrive (choix du support/ renommer/partager)
je sais envoyer un mail (objet/contenu/signature)

Histoire

Je sais définir la production la plus importante de mon personnage
Je sais dater/ localiser son oeuvre
je sais l’adapter à un contexte moderne

Français

Phrases courtes
Usage de l’impératif / infinitif
Pas de fautes d’orthographe et de syntaxe

BILAN DE L’activité 

Dans ce scénario, les activités demandées aux élèves et réalisées sont classiques : recherches biographiques, rédaction d’une fiche biographique, dialogues entre personnages,  échanges de courriers, analyse d’œuvres d’art… Seuls les supports sont originaux: Google drive, mail, Twitter

Les leviers 

Quelles plue-values? 

- l’élève devient acteur-rédacteur-producteur du cours de français et du cours d’histoire

-le scénario est pluri- interdisciplinaire

-l’élève cerne mieux la temporalité (temps courts et temps longs de l’Histoire)

-Google drive  permet la diffusion des fiches : nous ne travaillons pas en sens unique élève-enseignant. Chaque élève a accès aux fiches des autres, peut s’en servir. Les fiches constituent une partie de la trace écrite de l’élève.

Comme à chaque fois que nous utilisons la mutualisation de documents et l’écriture collaborative, la plus-value est forte : l’élève s’applique, s’implique dans son travail, lit le travail des autres élèves, l’analyse, l’évalue.  

Le suivi synchrone des travaux en autonomie des élèves me permet d’améliorer l’accompagnement de l’élève dans son travail.

Twitter permet de s’approprier la biographie du personnage : le jeu de rôle imposé par la consigne suppose que l’élève maitrise la biographie et qu’il la comprenne. Le profil Twitter demande les noms, les dates, les réalisations, la localisation du personnage. L’élève s’investit et doit réinvestir ses connaissances.

R9 R8 R7 Profils des comptes Twitter Grands personnages

Les interactions entre les personnages supposent là encore que chaque élève maîtrise la connaissance de son personnage. L’élève qui ne travaille pas et n’a pas approfondi son cours est vite repéré. L’activité est collective : elle suppose l’investissement de chaque élève.

R5 R4 R3 R2 R1

La rédaction de tweets en temps réel me permet de reprendre, de corriger, d’aider l’élève à améliorer son texte : orthographe, syntaxe, contenu. L’élève n’écrit pas « pour lui » ou « juste pour le prof ». Ses écrits sont diffusés, lus et valorisés. Les interactions sont fortes si le grand personnage tweete des messages intéressants qui provoquent la curiosité des lecteurs. Ecrire pour être lu : Ecrire mieux pour être encore plus lu !

Rcorr

L’objectif global a été annoncé en début d’activité : le scénario est constitué de plusieurs étapes ce qui permet à chaque élève ou binôme d’avancer à un rythme plus adapté à chacun. La dernière séance (avant l’évaluation « flyer)  permet d’ajuster le rythme de chacun : les élèves les plus rapides peuvent tweeter et interagir plus. Les élèves qui ont eu besoin de plus de temps réussissent à tweeter deux ou trois messages et interagir au moins une fois.

Les freins

L’activité est chronophage : elle suppose de suivre en temps réel en petit groupe les productions sur Google drive et Twitter. Optimiser l’écrit en reprenant les tweets en asynchrone est possible mais atténue, selon moi, la plus-value rédactionnelle.

Une grille de suivi (évaluative ou non) est à constituer en amont et à compléter au fur et à mesure du scénario : le scénario comporte plusieurs étapes à valider au fur et à mesure de la réalisation de l’activité qu’il serait trop lourd de valider uniquement  à la toute fin.

Tagué ,

Formation : Créer des communautés d’ apprenants pour les Alliances Françaises #msfle

20121213-153535.jpg

Je viens d’ animer avec David Cordina une formation "Créer des communautés apprenantes" à Madras en Inde pour 15 participants enseignants et directeurs coordonateurs des alliances françaises en Inde, Sri lanka, Népal et Maldives.

Dans chaque alliance, les étudiants apprennent le français langue étrangère (FLE). Largement influencés par l’exemple performant du réseau "Mumbaikars in french" que David Cordina a mis en place pour Mumbaï, ces enseignants et directeurs souhaitaient créer à leur tour ou enrichir des réseaux sociaux apprenants pour leurs classes.

Le profil de chaque alliance est différent: de par les moyens, les locaux, le matériel TICE, le public à former, le profil de l’enseignant. Autant de différences à prendre en compte pour ne pas imposer un outil "clef en main" mais bien adapter l’outil au contexte, au service du scénario et de l’apprenant

Nous les avons initié à un panel d’outils numériques : Ning, Twitter, Tumblr, Facebook, pearltrees, google drive , Netvibes …qui pouvaient ensemble ou certains répondre à leurs besoins.
Les besoins premiers identifiés étaient :
-créer un espace virtuel communautaire mais ouvert
-amener l’apprenant à écrire
-développer les interactions

Chaque personne a pu, passé l’apprentissage ou le perfectionnement technique de l’outil, créer des scénarios pédagogiques choisissant quel(s) outil(s)allaient le mieux s’adapter aux besoins et quelle plus value ils pouvaient apporter.
Il était important de montrer qu’ on utilise d’abord un outil numérique parce qu’il répond à un besoin pédagogique : incruster une vidéo youtube dans un article de ning , rédiger un article sur Tumblr et le socialiser , utiliser de la musique avec (blip.fm) dans un tweet ou tripadvisor pour un scénario de découverte touristique…

Cette construction du scénario a permis à chaque participant de concrétiser l’apport pédagogique tout en se perfectionnant dans l’usage de l’outil. Pas à pas lors de ces trois jours, le participant a pu choisir, maîtriser et créer avec l’outil numérique.

Nous souhaitions aussi leur montrer la force du réseau social et les possibilités qu’il offre tant pour l’enseignant et que pour l’apprenant. Comprendre que ces espaces permettent l’ouverture, le décloisonnement, la collaboration, la mutualisation.
Twitter nous a permis une démonstration totalement impromptue mais qui, nous, formateurs et usagers du réseau, ne nous a pas surpris:
Au moment de l’atelier dédié à Twitter, il était 6h30 en France, heure à laquelle beaucoup de personnes tweetent entre un café et une revue de presse ! J’ai demandé aux Français de ma Timeline s’ils pouvaient dire bonjour aux participants. Parmi les nombreuses réponses, une enseignante a tweeté qu’il neigeait chez elle. Je lui ai demandé une photo qu’elle a envoyée aussitôt. Et nous avons eu l’idée de proposer à nos abonnés de tweeter une photo de leur lieu de vie avec les balises #msfle (celle de la formation) et #maville. L’afflux a été important tant du côté des Français que du côté des participants. Échanges de photos, échanges d’information, abonnements… Ces interactions se sont poursuivies bien au delà du temps imparti à l’atelier.
Le twubs réunissant tous les tweets émis sous cette balise sont ici
Twitter a permis de montrer aux participants le principe de la serendipité : cette possibilité qu’offre le réseau social de partir d’un point et d’arriver par curiosité, par le jeu des rencontres, des interactions à découvrir, créer, imaginer et toujours intéresser et enrichir.

Nous avons aussi montré des scénarios de "e-tandems (comme décrit souvent sur ce blog ) que nous avons initié avec David Cordina il y a 4 ans: ces échanges entre différentes communautés apprenantes via des réseaux permettant d’écrire et de mutualiser leurs savoirs et compétences.

Il s’agissait là de leur montrer que les outils numériques sont adaptables non seulement aux scénarios pédagogiques mais aussi aux moyens de l’apprenant, à ceux de l’Alliance et aux pratiques habituelles de l’enseignant.
Si les étudiants n’ont pas accès à des ordinateurs connectés à internet à l’Af Mulbai, Ils écriront sur ning en asynchrone sur leur temps personnel et avec leur propre matériel.
Si la classe de @plaingeets n’utilise pas twitter, ils répondent aux questions de mes élèves sur le ning et nous envoie une alerte de publication via le compte Twitter de l’Af Bangalore.
Si la participante à qui a demandé de tweeter une photo d’elle lors de la formation n’a pas de smartphone connecté, elle utilise la webcam du skype de son ordinateur connecté …etc

L’usage des TiCE en classe ne passe pas par un suréquipement mais bien par l’adaptabilité, la créativité, la collaboration , la serendipité de chaque acteur du cours
.
Ainsi chaque enseignant ou directeur présent à cette formation a pu repartir avec une boîte à outils numériques, des scénarios pédagogiques finalisés et testés et des réseaux apprenants construits activés .

Pour en savoir plus :
Sur le réseau mondial des Alliances françaises ici
Sur les Alliances françaises en Inde : ici
Sur les réseaux d’apprenants (Ning) , deux exemples déjà aboutis et fonctionnels en Inde :
l’Alliance française de Bengalore ici
L’alliance française de Madras ici

:

20121213-140658.jpg

20121213-153246.jpg

Tagué

Les e-tandems : exemple de scénario pédagogique

J’ai évoqué dans un billet précédent (ici) le décloisonnement spatial et temporel que permet l’usage des réseaux sociaux avec un groupe-classe.

En voici un exemple concret:

schéma reverte

 

 

Depuis 4 ans, toutes les classes dans lesquelles j’ai introduit l’usage des réseaux sociaux ont échangé avec les étudiants de David Cordina (directeur pédagogique de l’Alliance française de Bombay) : les "e-tandems"  (régulièrement évoqués  ici , ici …)

DAns une semaine, je serai en Inde pour co-animer avec David Cordina une formation auprès des alliances françaises sur la mise en place des communautés d’appprenants (le détail ici).
La balise pour cette formation, #msfle,  est déjà active pour qui des participants a déjà un compte Twitter. Elle nous permet d’échanger en amont sur la formation et surtout sur nos pratiques.

J’ai lancé il y a 3 semaines sur Twitter un appel à échanges écrits associés à cette balise : 

msfleappel

La balise permet une ouverture à un réseau élargi, j’ai ainsi lancé un appel sans nomination particulière.
G. Shrivastava , enseignante de FLE (français langue étrangère) à l’alliance française de Bengalore y a répondu favorablement.
Nous avons pu mettre rapidement en place un scénario pédagogique :

Mes élèves ont étudié la révolution verte en Inde et globalement ont découvert la géographie indienne (espaces de production, mousson, agriculture, population…). . A partir de ces connaissances pré-acquises, je leur ai demandé de poser des questions à propos de la Révolution verte , de l’agriculture et des modes alimentaires indiens. Chaque question a été corrigée et reformulée à l’oral puis à l’écrit (quand nécessaire) avec l’élève.  Ces questions ont été tweetées avec la balise #Reverte  via chaque compte élève.

Les étudiants de G. Shrivastava ont lu ces questions et ont pu répondre quand ils le souhaitaient (et avaient matière à) par deux canaux de diffusion de l’écrit: le compte twitter ou sur le Ning de l’Alliance française de Bengalore .

Un exemple de question :

question marionUn exemple de réponse sur le Ning :

rep2

Un exemple de réponse sur Twitter

rep5

Les réponses ont été lues par mes élèves qui ont, parfois, tweeté des demandes de précision. Ils ont aussi souhaité poursuivre ces échanges élargissant leurs questions à la culture et aux modes de vie indiens. Ces 1ers échanges ont en effet suscité beaucoup de curiosité que nous exploitons désormais avec la balise #indofr (active depuis nos 1ers échanges avec les étudiants de l’ alliance française de Bombay) . Les étudiants indiens sont invités à y répondre et eux ont à leur tour poser des questions sur la culture et les modes de vie français.

Le storify de ces échanges est ici 

Quel bilan à cette activité pédagogique? 

Les leviers sont nombreux:

-  l’élève comprend que le cours théorique reçu en cours de géographie peut être placé dans la réalité. Il n’y a pas dissociation: ce que j’apprends ici est un espace réel. L’élève devient curieux: facteur essentiel en pédagogie!

-l’élève travaille sa langue, réfléchit à l’orthographe, au niveau de langue, à la syntaxe : il écrit pour être lu ! Donc il soigne son écrit qui est valorisé: c’est une référence pour l’apprenant indien.

- L’élève travaille collaborativement: les tweets sont publics. Il lit ceux des autres élèves et corrige, commente, s’implique dans l’écrit de l’autre et plus seulement dans le sien.  L’oral et la participation active de l’élève ont eu une place essentielle dans l’activité

-Les échanges se sont déroulés en a-synchrone: ce qui permet une flexibilité de l’activité et a suscité l’impatience de l’élève! Ils attendaient les réponses, ont voulu y répondre aussitôt, n’ont pas aimé quand ils n’ont pas eu de réponses, ont voulu dans ce cas en poser d’autres. Enthousiasme pédagogique !

-Les échanges via Twitter sont faciles à mettre en place et rapides: L’outil est facile d’usage, les codes de communication sont acquis facilement par les élèves.

-Le réseau, quoiqu’entre deux communautés d’apprenants, reste ouvert. L’espace est balisé mais non cloisonné.

-Cette activité permet un cas pratique d’éducation à Internet et aux réseaux sociaux: réflexion sur l’image que l’élève donne de lui par son avatar par exemple . "Si j’ai une photo des One direction en avatar, l’étudiant indien va t-il comprendre que je suis une fille?" .

Le bilan est donc très positif tant par la forme que par le contenu. Les élèves et étudiants sont dans un rapport gagnant-gagnant. Je laisse à G. Shrivastava le soin de faire le bilan pour ses étudiants.

 

Tagué

"Twitter ne sert à rien…!"

"Madame, ça ne sert à rien Twitter!"

L’accueil d’un de mes élèves ce matin après 15 jours de vacances s’est fait en fanfare par cette remarque !

"Evidemment que Twitter ne  sert à rien…" lui ai-je répondu !

J’ai compris rapidement ce que voulait exprimer cet élève: pendant les vacances, il a eu besoin d’un document de classe (les consignes d’un devoir à rendre pour la rentrée).  Il a demandé sur notre réseau enseignants-élèves si quelqu’un pouvait lui donner. Mais n’a eu aucune réponse et était en souffrance puisque le devoir était à rendre pour la rentrée.  Quête infructueuse:  personne ne lui a répondu, personne ne lui a permis d’accéder au devoir perdu.

Alors ce matin, il était en colère, il fallait qu’il me le dise. "le moyen de communication que VOUS avez mis en place pour NOUS ne fonctionne pas". 
Alors on a repris les éléments d’un réseau efficace:  Le réseau fonctionne si on apporte matière, si on communique, si on interagit.

Nous l’avons mis en place depuis deux mois. C’est un nouveau groupe classe, qui découvre un nouvel environnement scolaire (le lycée) qui plus est spécifique avec l’enseignement professionnel avec une nouvelle équipe enseignante. Voilà deux mois que nous travaillons ensemble à mettre en place les règles de vie et d’apprentissage dans ce nouvel environnement.  Si Twitter a été rapide à mettre en place (je l’ai décrit ici) techniquement, j’ai décidé de nous accorder du temps pour que ce réseau s’installe dans les pratiques. Parce que nous avons beaucoup à organiser et gérer depuis la rentrée et parce que nous avons le luxe (inestimable!) d’avoir le temps: nous allons passer 3 ans ensemble de la seconde à la terminale.

Depuis deux mois, je poste donc régulièrement des informations sur le réseau, ils savent qu’ils peuvent trouver des informations, poser des questions.
Certains le lisent régulièrement, parfois posent des questions, interagissent entre eux. C’est encore timide mais ça existe. Ils le savent tous, me disent "ah oui! on aurait dû penser à regarder!" .

D’autres ne lisent jamais, ne s’en préoccupent que lorsque nous utilisons Twitter comme outil de travail en classe.  C’est un choix qui leur appartient et qui se vaut: on a le droit de ne pas vouloir échanger en dehors du temps de classe avec son enseignante et ses camarades de classe. Il n’y a aucune obligation (surtout parce que les élèves n’ont pas tous accès de façon équivalente à Internet sur le temps personnel).

L’élève en colère ce matin est un de ceux-là.  Sauf que là, pendant les vacances, il a eu besoin, du réseau, des autres élèves, de l’enseignante concernée. Et personne ne lui a répondu.

En classe, au quotidien, nous essayons de mettre en classe des règles de vie et d’apprentissage basiques. Je participe, je communique, je travaille, je respecte l’autre, j’alimente le cours par mes savoirs, mes compétences que je tends à enrichir. Sur le réseau c’est la même chose. En classe, je leur explique qu’on ne peut pas être seulement consommateur ou pire spectateur du cours. Ce matin, je leur ai expliqué que notre réseau établi sur Twitter fonctionne et ne fonctionnera que sur ces règles de vie et d’apprentissage. On ne peut pas exiger, attendre qu’on nous réponde si jamais on n’échange, ne répond et interagit avec les autres membres du réseau.

Comprendre qu’il n’y a pas de différences entre espace "virtuel" et espace "réel".

Alors j’ai répondu "effectivement Twitter ne servira à rien…si tu n’en fais rien!" 

Tagué

Quand le réseau social redéfinit l’Espace et le temps d’apprentissage

En deux schémas, la modélisation de deux perceptions de l’Apprentissage:

Sur le 1er schéma:

20121106-071623.jpg

L’Espace classe traditionnel délimité dans l’espace, le temps et la Société. L’enseignant (représenté par un rectangle vert) détient les savoirs et les distille, les distribue au groupe classe (représenté par des ronds rouges). Au premier rang, les élèves les plus réceptifs. Plus on s’éloigne de l’enseignant, plus la réception est faible. Il a peu d’échanges entre l’enseignant et les élèves, aucun entre les élèves. L’enseignement est frontal, unilatéral. L’enseignant monte sur l’estrade pour s’imposer physiquement et intellectuellement. C’est la classe traditionnelle héritière de Jules Ferry. Figée mais rassurante pour l’enseignant, l’élève, le parent, l’administration.

Sur le Schéma 2,

20121106-071728.jpg

L’Espace et le Temps d’apprentissage ne sont plus limités. L’enseignant n’est plus au centre, n’est plus le seul à détenir le Savoir. Il apporte des savoirs et des compétences que n’a pas encore l’élève (flèches blanches). Il échange avec les élèves qui apportent eux aussi savoirs et compétences et s’expriment. L’espace classe s’ouvre vers l’extérieur: des intervenants (losanges bleus) interagissent avec le groupe classe de façon globale ou individualisée. L’enseignant est présent, veille mais n’intervient pas forcément.
Si ce modèle est commun en maternelle et en élémentaire (mais déjà moins), il est rare ou inexistant en collège et au lycée. Il n’est pas rassurant ni pour l’enseignant, ni pour le parent ou l’administration. Il met en "danger" l’enseignant. Et c’est de cette remise en cause pedagogique que naît l’innovation.

L’élève s’exprime, rédige, publie individuellement et créé des interactions qui l’inscrit dans un réseau ouvert sur le groupe élève-enseignant et sur l’extérieur. Les savoirs ne sont pas unilatéraux : l’élève mutualise de fait les savoirs acquis puisque les échanges sont publics et diffusés en réseau.

Exemple: un élève de ma classe et un étudiant indien (de l’ @afmumbaï) qui échangent via Twitter sur les traces de la décolonisation Indienne créent un rapport gagnant-gagnant: l’élève gagne en savoirs historiques, l’étudiant gagne en pratique de la langue écrite. Mais ce sont aussi les groupes-classes qui y gagnent puisque ces échanges sont publics donc diffusés en réseau. D’échanges individualisés, naît une banque de savoirs. L’enseignant n’est plus le seul à apporter le Savoir à l’élève mais ca ne l’exclut pas sa posture de celui qui "enseigne" : il peut enrichir l’apport extérieur, le préciser.
L’ouverture de la classe permet à chacun (élève , enseignant, intervenant extérieur) de gagner.

L’introduction des réseaux sociaux et plus largement du numérique aujourd’hui dans ma pédagogie m’a permis de définir autrement ma place et mes élèves la leur. Comprendre justement qu’il n’y a pas de "place statique" en Éducation mais uniquement des postures d’apprenant.

Tagué
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 87 followers