Le conseil de classe à audition

Pour une fois, un billet de blog qui n’est pas focalisé sur mes pratiques du numérique en classe:

J’ai expérimenté pour la première fois le conseil de classe à audition d’élèves avec la classe de seconde bac pro (30 élèves) dont je suis la professeure principale.
L’objectif principal était de réaliser des auditions bienveillantes dans l’optique de faire progresser l’élève et non le sanctionner en l’impliquant.

En amont du conseil:
-Un questionnaire est distribué à chaque élève pour lui permettre d’établir le bilan de son trimestre et ce qu’il compte pouvoir améliorer pour progresser lors du suivant
-Entretien individuel avec chaque élève pour discuter de ce bilan et des perspectives de l’élève (3h sur 3h de cours du Prof principal)
-Entretien avec le CPE pour les élèves présentant des absences ou retards chroniques
-Entretien avec le proviseur adjoint (référent de la classe) quand l’élève présente un comportement qui gène sa scolarité ou/et celle de la classe
– Présentation de l’organisation du déroulé du conseil avec les élèves
-Chaque élève prépare sur papier son bilan des points positifs et négatifs de son trimestre (travail, résultats, vie de classe, assiduité-ponctualité) et des ses perspectives pour le 2ème trimestre
-Chaque enseignant complète les bulletins de l’élève sur Pronotes une semaine avant le conseil
-Réunion de l’équipe pédagogique pour bilan (1H)
-le professeur principal prépare la synthèse globale pour chaque élève qui sera notée sur son bulletin
+ mention le cas échéant (avertissement comportement/ travail / blâme/ encouragements/compliments/félicitations)
-Ces synthèses sont partagées sur un document collaboratif à l’équipe pédagogique + Pro adjoint + CPE : échanges et proposition de modification si besoin. Elles ne seront plus modifiées une fois actées en amont

Le déroulement du conseil

-Déroulement sur un créneau horaire de 3 h (après midi)
-Les élèves: dans une salle surveillée par leur Assédu référent avec travaux à réaliser.
-La salle de conseil située face à la salle des élèves
– Disposition des tables en U avec ouverture sur l’araignée » de Pronotes projetée sur le tableau.
(L’idéal serait une grande table ovale pour que chacun puisse se voir et bien s’entendre)
-Personnes présentes : proviseur référent, CPE, équipe pédagogique et les deux délégués placés par des chevalets. Les délégués entourent l’élève auditionné.

-Etape 1: En présence des délégués (10 mn)
Explication du déroulement du conseil de classe
Présentation du bilan général aux délégués par le prof principal
Présentation du bilan général des délégués à l’équipe
Echanges avec les délégués

-Etape 2 (environ 5 mn)
C’est la partie la plus délicate pour que l’on ne tourne pas au tribunal mais bien à l’entretien bilan qui ouvre sur des améliorations
Chaque élève, accompagné des deux délégués s’installe.
L’élève expose son bilan et perspective
Echanges
Le professeur principal annonce la synthèse qui sera noté sur le bulletin de l’élève
Le cas échéant, le proviseur adjoint annonce avertissement ou mention expliquant ce que ça suppose.

Etape 3: fin des auditions
Echanges entre l’équipe et les délégués pour établir un bilan des leviers et freins.
Echanges avec l’assédu référent pour bilan du ressenti des élèves avant et après audition

En aval du conseil
Le cas échéant : entretien avec l’adulte référent qui pourra traiter un problème plus complexe (conseiller d’orientation, médecin scolaire…)

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Bilan de cette expérimentation

Cette expérimentation a été jugée très positive par tous les protagonistes et nous incite à la renouveler.

Il nous a semblé essentiel de ne pas déroger sur :
– la préparation en amont : synthèses/ entretien/réunion bilan
-préparation des élèves en amont: entretiens + bilan écrit pour aider les élèves les plus timides
-Obtenir de toute l’équipe un consensus pour un conseil bienveillant sans effet tribunal (sans pour autant éluder les problèmes et sanctions)
– Le respect du temps imparti pour avoir du temps pour chaque élève
– Préparer les délégués pour qu’ils soient impliqués, empathiques et qu’ils fassent le consensus parmi les élèves et l’équipe pédagogique
-Favoriser les échanges bienveillants avec chaque élève. Les problèmes rencontrés (comportement, assiduité, travail…) ont été traités en amont le cas échéant, ce qui permet un dialogue constructif avec l’élève.

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Les réseaux sociaux en classe? Faut il continuer?

Twitter en classe ?
J’avoue avoir douté depuis vendredi soir.
Pour être honnête, ça fait quelques mois que je doute.
Continuer à utiliser ce réseau social avec mes élèves ? Continuer à utiliser les Réseaux sociaux en pédagogie ?
Twitter ne ressemble plus à ce qu’on a connu « à nos débuts ». Ca fait un peu vieux nostalgique mais c’est un fait. Je pourrais être hypocrite et annoncer : mais si ! Mon Twitter ressemble toujours à celui de mes débuts et c’est vrai. Parce que je choisis toujours, même 6 ans plus tard, à ne subir personne sur les Réseaux Sociaux. Parce que je me désabonne ou je bloque les comptes qui ne me conviennent pas, qui polluent mon flux. Ca a toujours été pour moi une question de choix. C’est ce que j’enseigne toujours à mes élèves : choisissez, ne subissez pas.

Je pourrais donc occulter et mentir. Ne pas voir la part sombre des réseaux sociaux. Non je ne subis pas les théories du complot, non je ne suis pas sollicitée par des groupuscules d’extrémistes religieux ou politiques. Je ne suis même pas atteinte par tous les chantres de la polémique (les pour/les contre la réforme du collège, les pro-étoile et les anti-cœur pour favoriser, les pour ou contre logiciel libre…).
Alors tout va bien, on continue ?

Mais Vendredi soir, j’ai douté plus que d’habitude sur l’usage des réseaux sociaux en classe. Ne serait-ce pas dangereux d’amener les élèves à utiliser Twitter ? De les lancer sur un réseau où ils pourraient être exposés au pire ?
Et puis, j’ai posé mes peurs.

Et j’ai repensé aux origines de mes usages de Twitter en classe. Pourquoi j’ai commencé ? Parce qu’une classe, parce que des projets, parce que des besoins de communiquer plus, d’écrire autrement, de publier…mais avant tout parce que j’ai compris à ce moment-là qu’il fallait EDUQUER.
Nous étions en pleine vague des « apéros Facebook » (je parle de préhistoire, hein ? ;), les adolescents, les médias, les adultes découvraient la force d’un réseau social: diffuser et mobiliser un plus grand nombre autour d’une idée.
Je les avais lancés sur Twitter pour les amener à réfléchir ce qu’ils faisaient sur Facebook. Qui lit ce que j’écris ? A qui je le diffuse ? Un réseau social peut-il être un espace privé, secret ? Quelle image je diffuse ? Quelles infos puis je diffuser ? Quelle photo de profil ? Etc.
Nous avons construit un contenu sans jamais perdre de vue cette dimension éducative.
Du moins au début. Et puis les années, les classes ont passé. Des élèves tellement communs de réseaux sociaux tellement nombreux et variés. On a focalisé sur le contenu, sur les projets, sur les productions.
En ai-je oublié cet objectif fort d’Education ? J’ai finalement botté en touche en utilisant moins (beaucoup moins) les réseaux sociaux en classe privilégiant leurs usages uniquement sur des projets ponctuels. Nous n’utilisons plus qu’un compte classe et non plus un compte par élève.
Même si je fais toujours une séquence « forte » d’éducation avant de commencer, j’en ai délaissé la part éducative au quotidien dans un usage régulier.
Cette année, j’ai deux classes avec des volumes horaires assez importants avec qui je peux utiliser les réseaux sociaux en cours : une classe de première avec qui j’ai enclenché ces usages l’an dernier. Nous continuons de façon ponctuelle. Une classe de seconde avec qui je n’ai rien commencé. Parce que nous avons eu beaucoup d’autres soucis à régler avant d’imaginer ça…et parce que je doute depuis la rentrée : sera-t-elle ma première classe sans réseau ? Je n’ai pas abandonné le numérique avec eux : nous travaillons sur des espaces collaboratifs, sur des productions sur support numérique. Mais je n’ai pas encore décidé de la part « sociale » de nos travaux de classe.
Je doutais, je doute encore.
Mais il est désormais une évidence que je n’aurai jamais dû perdre de vue : l’Education aux réseaux sociaux, à Internet et aux Médias est plus que jamais d’actualité dans ma pédagogie.

Ne jamais perdre de vue l’Essentiel.

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Attrait numérique …mais pas que !

Il y a bien longtemps que je n’ai pas blogué! Le temps me manque et je n’avais pas pris le temps de revenir sur un événement partagé avec ma classe de 2nde bac pro gestion administration: en mars 2015, nous avons été conviés à l’Atelier CANOPE de Chasseneuil du Poitou lors de la Semaine de la presse et des médias à l’Ecole.
Tout au long de cette journée, mes élèves accompagnés de l’Equipe de Canopé ont appris le métier de journaliste presse, radio, télé mais aussi de gestionnaire de réseaux sociaux (instagram, Twitter, Youtube, SoundCloud). Les locaux de l’Atelier Canopé et les moyens techniques (tablettes, mp3, web radio, studio…) leur ont été mis à disposition. Ainsi ils ont pu suivre, traiter et analyser l’actualité (tragiquement dense ce jour-là) pour produire à leur tour de l’information.

Leurs productions et le déroulé de cette journée sont à découvrir dans le Sway qu’ils ont réalisé ICI
Ils ont été reçus dans des conditions exceptionnelles dont ils me reparlent encore à cette rentrée !
En les regardant évoluer et en discutant avec eux, j’ai compris qu’au delà du matériel numérique mis à leur disposition , plusieurs points ont été essentiels à la réussite de cette journée et à leur enthousiasme:
Les voici résumés en un schéma :

Capture d’écran (11)

Un grand merci à toute l’équipe du Canopé et tous les invités participants de cette journée!

Réseaux sociaux et pédagogie: un binôme possible?

Support de ma présentation au Canopé de Nancy lors de la journée « Eduquer aux médias sociaux » avec le projet en cours de réalisation #15journalistes

https://sway.com/s/yc_f1hgKMC-nsvhB/embed

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Usages du numériques en classe: le témoignages d’élèves

En cette fin septembre, nous avons eu une visite institutionnelle au lycée et on m’a demandé de présenter nos usages du numérique en classe. Comme ce jour-là, mes terminales étaient en sortie pédagogique, nous avons monté ensemble un petit film témoignage.

Ce sont eux qui en parlent le plus simplement et le mieux!

Pour préparer ce retour sur presque 3 ans de pratiques (puisque je suis leur enseignante pour la 3ème année de la seconde à la terminale), nous avons repris ensemble tous nos projets réalisés : C’est notre pinterest de classe qui nous a permis de remonter ce que nous avons vu en cours mais aussi au cinéma, en sorties, lors d’échanges via les réseaux, lors de projets …etc.
L’outil, visuel, ouvert et animé comme un réseau constitue notre « musée imaginaire »

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Vers des changements pédagogiques avec le numérique?

Histoire de préparer la rentrée : voici la version réactualisée de ma présentation « réseaux sociaux et pédagogie: comment imaginer le binôme? »

J’ai présenté ce travail aux formateurs du Gréta Nord Isère en juillet lors d’une journée de formation aux outils numériques

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Ludovia #11 « entre consommation et création »

Commencent aujourd’hui la 11ème édition de Ludovia : l Université d’été de l’éducation et du numérique à Ax les Thermes. 11ème du nom et (déjà !) 5ème pour moi. Le thème est cette année est « numérique entre consommation et création  » : question qui s’annonce essentielle pour les années à venir. Le Web actuel rend-il les internautes uniquement consommateurs ? Quelle est la part de la création dans nos usages? Toute création est-elle valeureuse ? Doit on tous devenir producteurs? La consommation est-elle si répréhensible ? 
J’attends de ces trois jours d’intenses conférences, tables rondes, échanges, débats, des pistes de réflexion et (peut-être!) des réponses. 
Et puisque ces universités sont celles du numérique ET de l’Education, je pose cette question qui me partait essentielle : COMMENT apprendre aux élèves citoyens en construction à en devenir acteur, créateur, consommateur éclairé du Web pour ne pas en être les victimes comme on nous le prédit avec beaucoup de pessimisme. Si le numérique est la nouvelle révolution, n’oublions pas de les y préparer. 

Histoire de créer au fil de ces trois jours,  j’ai ouvert sur Pinterest un tableau Spécial Ludovia édition 2014. Il est ici 
Je mettrai des photos accompagnées parfois de commentaires plus ou moins fournis. Je laisse cet espace ouvert à ceux qui souhaiteraient ajouter des commentaires, images, des contenus ..etc . Que vous soyez présents à Ludovia ou que vous suiviez à distance, que vous soyez acteurs de l’éducation, du numérique ou rien de tout cela ,  vous pouvez commenter et/ou publier. 
Je serai peut-être la seule contributrice…c’est le principe même de la serendipité appliquée au Net! 

Voici la procédure:
-vous voulez commenter une image : il faut vous créer un compte Pinterest (une adresse mail suffit) et vous pourrez  commenter ! 
-vous voulez publier : envoyez moi un message (Twitter, FB, mail) avec votre adresse mail et je vous ajoute en contributeurs du tableau
Ici un tutoriel basique pour vous y retrouver sur Pinterest

Bon Ludovia à Tous en présence ou à distance ! À suivre sur les réseaux avec la balise #ludovia11

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Pinterest et pédagogie


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J’arrive au terme d’une année scolaire d’usage de Pinterest en classe avec mes élèves de 1ère bac pro.

Je présenterai le projet « Le musée imaginaire: de l’usage de Pinterest en classe » lors du Forum des enseignants innovants le 16 et 17 mai prochains à Bordeaux. (A suivre avec la balise #FEI14)

Voici le diaporama de présentation :

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Twitter et les réseaux sociaux en classe: vers un changement de pratiques 

Depuis cinq ans que j’utilise Twitter en classe avec mes élèves , j’ai toujours opté pour des comptes individuels propres à chaque élève. Puisqu’ils sont  lycéens, donc plus autonomes, plus matures avec une capacité de réflexion plus large que des primaires ou des collégiens, ce fonctionnement n’a jamais posé problème. 
Sur ce principe, chaque élève définit son avatar, son pseudo, sa ligne éditoriale , ce qui me permet de faire une  éducation à l’identité numérique active, pratique et efficace. En 5 ans, je n’ai eu à déplorer aucun dérapage sur les comptes élèves: ils ont tous respecté la ligne éditoriale édictée. 
Mais cinq ans ont  passé et mes élèves comme moi-même avons évolué dans nos pratiques et nos approches du réseau social. 

Ma 1ère promo (qui sera étiquetée bien plus tard de « twittclasse ») ne connaissait pas Twitter:  ces élèves étaient les premiers ados-facebook laissant tomber les skyblogs mais pas encore msn. Nous avons défriché ensemble ce réseau et ses possibilités pédagogiques: des inventions qui sont aujourd’hui présentées à travers d’autres projets comme innovants. 

Ma dernière promo en date (que je suis pendant trois ans) quitte peu à peu Facebook pour Instagram, Snapchat … et tout ce qui se prèsente à elle! Ces élèves consomment le web comme ils consomment dans leur quotidien: selon leurs envies et selon les tendances sans aucune fidélité. Le web est devenu un espace de consommation. Ils connaissaient déjà Twitter, n’ont pas été plus surpris que ça qu’on l’utilise en classe. Plusieurs avaient déjà un compte Twitter personnel qu’ils ont souhaité conserver. Difficile de leur demander d’en créer un nouveau. D’autres, par la création du compte en classe, se le sont approprié développant leur réseau sur leurs centres d’intérêts personnels. C’est ainsi que nos TL enseignant-élèves ont été envahies de tweets de fans de Kpop, One D etc ! J’ai fini par ne plus suivre ces comptes qui dénaturent la ligne éditoriale que je souhaitais donner à ce réseau classe. Par cette rupture, le constat s’impose de fait: nous ne pouvons plus travailler en réseau global si j’en exclus des élèves! 

Le deuxième changement de pratiques constaté c’est ce que certains élèves n’utilisent jamais Twitter si je ne leur demande pas. J’avais réussi avec la première promo un usage  régulier hors temps de classe: Twitter permet plus de communication, d’informations, plus de travail. Je me suis épuisée au fil des classes à activer ces « plus » hors temps de classe pour quasiment l’abandonner. Nous utilisons Twitter en classe mais il y a peu de relai individuel en dehors du temps de classe.

Aujourd’hui quand nous utilisons ce réseau c’est pour échanger sur un projet spécifique avec des intervenants extérieurs comme avec le projet #àtable ou #femmepantheon : Des projets qui n’amènent plus l’élève à interagir seul avec un binôme extérieur. C’est le groupe classe qui lance un appel à contribution et les tweeteurs intéressés y répondent. 
Cette pratique est cohérente avec celle que nous avons de Tumblr et surtout cette année de Pinterest: un seul compte, un seul espace, un seul mot de passe partagé par toute la classe avec moi. Pinterest est devenu notre « musée imaginaire » (à la manière de Malraux), Tumblr notre espace d’appel à contribution. Nous avons dématérialisé notre espace de classe à travers ces réseaux. 
Sur Pinterest, l’espace est commun et les productions sont variées: communes à la classe, communes à des groupes ou individuelles. L’élève inscrit ses initiales pour que nous puissions identifier celui qui produit. 
Nous avons donc glissé sur un espace commun où chaque individualité est pourtant respectée: les tableaux exposés sur le Pinterest de classe sont heretoclytes épinglant des images et des textes correspondant à chaque producteur.   Les objectifs posé sont donc toujours atteints : collaboration, mutualisation et indivualisation des apprentissages.

Le décalage entre ces nouvelles pratiques et celles que nous avons toujours eues avec Twitter est désormais évident. J’ai donc décidé que nous utiliserions désormais Twitter à travers un seul compte : mon compte prof qui devient celui de la classe. Il était déjà intitulé « compte classe » : @gadoriole faisant peut apparaître mon nom et ma fonction. Chaque élève pourra produire des tweets et mettra ses initiales. 
Nous allons de fait plus travailler sur l’identité numérique d’un groupe que sur l’individuelle. C’est un groupe d’élèves qui passent trois années scolaires ensemble. À mi-parcours, nous avons besoin de renforcer la cohésion, de mettre en place des solidarités, de l’entraide et du tutorat. Ces espaces virtuels sont des outils pour atteindre ces objectifs. 
C’est aussi pour consolider une compétence pré professionnelle: le travail en équipe auquel ils sont confrontés lorsqu’ils font leur stages en entreprises. Nous devons amener cette génération qu’on dit très individualiste (mais qui n’est que le reflet de notre Société !)  à construire leur parcours en réseau. 

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Utiliser Pinterest en classe: trois exemples d’usage

Depuis septembre, j’utilise Pinterest en classe avec mes élèves . J’en ai déjà parlé dans deux billets ici et  avec un 1er bilan de nos usages.
Au fil des mois notre pratique s’est développée et diversifiée avec un outil devenu commun dans mes cours de français, d’histoire, de géographie et d’éducation civique.  24 tableaux d’épingles sont déjà constitués. Nos épingles sont souvent reprises par d’autres Pinterest.

Voici trois types usages de Pinterest en classe:

1) En amont de mon cours

Je crée régulièrement un tableau introductif avec des documents (images et/ou vidéos) qui permet à l’élève qui le souhaite de se renseigner sur le cours à venir. Je relaie la publication de ce tableau via Twitter et Gmail/Gdrive avec des consignes de lecture et d’interactions possibles.

Dans la description de l’image, je pose parfois des questions auxquelles les élèves peuvent répondre: comme c’est en amont du cours, il s’agit d’amener l’élève à découvrir une thématique, à y réfléchir et à poser une hypothèse de réponse. Nous ne sommes pas là sur une évaluation de savoirs.

Exemple:

Cours de géographie : Mondialisation et diversité culturelle (1ère bac pro)

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 ici: en amont , j’ai créé un tableau de cartes.  Sous plusieurs cartes,  dans la partie « description » j’ai posé une question. L’élève peut y répondre dans la ligne « commentaire » en notant ses initiales pour que je puisse savoir qui a écrit et à mon tour commenter si besoin

2) Support de projet et de productions

Lors du cours, je lance les élèves sur une production sur Pinterest: les images ou vidéos épinglées deviennent support de production écrite selon une consigne précise. L’écrit est limité (400 caractères maximum) ce qui me permet d’évaluer si l’élève sait répondre à une consigne d’écriture stricte tant dans le fond que dans la forme.

Exemple 1: Le projet #femmepanthéon  

Cadre: cours d’histoire Les femme dans la Société Française de la Belle époque à nos jours (1ère bac pro)

Objectif: réaliser une galerie de portraits de femmes françaises célèbres sur Pinterest et voter pour une entrée au Panthéon.

L’appel a été lancé via Twitter et Tumblr  pour inciter les tweeteurs à nous répondre.

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A partir de la cinquantaine de réponses reçues, les élèves ont rédigé les portraits. Ce travail a été collaboratif et mutualisant et diffusé à tous ceux qui y ont contribué.

panthéon

A noter que les cendres de deux des femmes portraitisées, Genevieve De Gaulle Anthonioz et Germaine Tillion vont être transférés au Panthéon sur décision de F. Hollande 

Exemple 2: Projet #PourDîner

Cadre: cours de géographie « mondialisation et diversité culturelle: géographie des gôuts alimentaires »

Objectif: exploiter des photos de plats culinaires français (reçus par l’appel à contribution sur Twitter et Tumblr), réaliser des recherches, définir l’origine des produits pour répondre à la problématique: en quoi les pratiques alimentaires françaises sont témoins de la mondialisation et de la diversité culturelle?

Comme pour le projet #femmePanthéon (et souvent depuis cinq ans que j’utilise les réseaux sociaux en classe), nous avons ouvert notre cours pour faire participer d’autres personnes et enrichir la documentation de notre cours. Pour autant Ces documents ne sont pas scientifiques et n’ont pas vocation à les remplacer. L’appel à contribution a été publié sur Tumblr  et relayé sur Twitter Les élèves ont pu eux-même contribué à cet appel à images.  J’ai partagé les consignes du projet sur Google Drive en amont du cours: les élèves découvrent les images, peuvent déjà choisir celle sur laquelle ils veulent travailler et intègrent les consignes. Cette procédure permet aux élèves les plus faibles de mieux s’inscrire dans le cours quand il commence.

 Le tableau Pinterest a été constitué de toutes les photos reçues via Twitter et le texte limité à la réponse à la problématique. Pour corriger et évaluer ce travail: j’ai fait des copies d’écran de leurs productions et les ai imprimées pour les corriger. L’élève a ensuite corrigé son texte selon mes consignes sur Pinterest.  La manœuvre est un peu fastidieuse mais je n’ai pas trouvé d’autre moyen pour que l’élève visualise les éléments à corriger!

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(A noter que j’ai réalisé cette séquence en présence de mon inspectrice)

Pour ces deux projets, la plus-value a été multiple: ce projet a permis d’ouvrir la classe en favorisant des interactions avec des personnes extérieures à la classe. L’élève comprend que les cours d’histoire et de géographie s’inscrivent dans la réalité. L’élève produit un travail original qui l’implique et  le valorise.

3) Comme support de cours

J’utilise aussi Pinterest comme agréagateur d’ images et vidéos que j’utilise lors de mon cours comme ici pour préparer la conférence de la déportée Magda Hollander , le tableau sur la Mondialisation de la Vache Qui Rit  notre étude de films dans le cadre de Lycéens et Cinéma (Daratt et Tous Au LArzacl . Les élèves contribuent aussi à cette constitution de ressources comme avec le tableau des films traitant de la 2nde guerre Mondiale

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En conclusion (provisoire)

Ce Pinterest devient l’espace virtuel commun de la classe où les élèves collaborent, mutualisent et partagent leurs savoirs et leurs productions. Les objectifs d’écriture sont modestes:  Pinterest ne remplace pas des écrits longs et les analyses de documents .  Il permet à l’élève de revenir lorsqu’il révise pour une évaluation et lorsqu’il révisera pour son examen final (fin de 1ère puis fin de Terminale) de pouvoir revenir à travers des images, des vidéos et de petits textes sur ce que nous avons traité (en plus de son traditionnel cahier de cours). 

Cet outil nous permet de constituer  petit à petit notre « musée imaginaire » , mémoire de la classe ouverte à tous qui se constitue sur les trois années que les élèves passeront ensemble.

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