Archives Mensuelles: octobre 2010

twitter en classe: casser les codes habituels de la classe

« Twitter  en classe » permet, avec cette deuxième année d’usages, une diversification du réseau et un élargissement  spatio-temporel  qui cassent les codes habituels de la classe.

–  Les équipes pédagogiques des deux nouvelles classes tweeteuses sont quasi-complètes présentes sur Twitter. Il y a une vraie volonté des enseignants de ces classes à s’inscrire et participer au réseau. Et c’est à la  demande des élèves.

Si j’avais présenté Twitter l’année dernière aux élèves comme une expérimentation, cette année ce n’est plus le cas. L’outil est pour moi acquis et, de fait, l’a été pour les élèves. Naturellement ils ont supposé que tous les enseignants de la classe l’utilisaient. Ils les ont donc motivé à s’inscrire dans ce réseau et attendent de pouvoir pratiquer Twitter dans leurs cours comme dans le mien. Je les ai laissé solliciter les enseignants: l’élève est acteur motivé et volontaire !

Le réseau prend en comparaison à l’année dernière une force et une valeur encore plus fortes dès lors qu’il ne concerne plus un ou deux enseignants mais bien toute l’équipe pédagogique. Les tweets sont diversifiés, multiples et créent des interactions et une interactivité enrichies.

 – Le réseau s’élargit au delà du groupe classe/équipe pédagogique: les enseignants des trois équipes pédagogiques des classes qui tweetent s’abonnent à tous les comptes enseignants et élèves du lycée: le réseau ne se restreint plus à la classe et s’ouvre à la communauté du lycée. Les enseignants échangent avec des élèves qu’ils n’ont pas en cours. Il y a décloisonnement des savoirs et des compétences qui ne restreignent pas à la classe intro-muros mais s’élargissent à un réseau né de la classe mais élargi par le virtuel.

 Les échanges via Twitter entre élèves de différentes classes sont encore balbutiants mais envisageables.

 –  Le réseau s’étend au delà de la classe et du lycée par des échanges avec d’autres étudiants. L’expérience des e-tandems avait été initiéé l’année dernière entre les élèves de @laderniereannee et les étudiants FLE de David Cordina [http://frompennylane.blogspace.fr/1995962/Twitter-en-classe-échanges-avec-des-étudiants-chinois-FLE/]

Ces e-tandems sont renouvelés cette année scolaire avec David Cordina et des étudiants indiens de l’Alliance de Bombay en Inde (à suivre avec la balise #sinofr et sur le twubs http://bit.ly/9K2UdY) .

Les échanges sont a-synchrones sans scénario précis pour la première approche : les tweeteurs échangent, conversent sur des thèmes culturels avec une consigne communicationnelle stricte (langage, qualité de la langue etc).

Twitter permet par ces échanges d’ouvrir la classe au delà d’un espace géographique strict. La classe s’expatrie virtuellement sur d’autres espaces et dans d’autres temporalités. L’élève ne se restreint plus à un réseau social restreint mais bien à un réseau ouvert décloisonnant âge, origines, cultures, espaces.

Twitter permet ici de créer de  nouveaux  espaces d’apprentissages. C’est ce projet « creating new learning spaces » que je présenterai avec David Cordina la semaine prochaine au forum mondial de l’innovation pédagogique (Le Cap, Afrique du Sud). A suivre avec la balise #IEF_2010) .

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La 2ème génération d’élèves tweeteurs: un public différent, une approche différente de l’outil

« Twitter en classe », pour cette deuxième année, fonctionne différemment de ce que j’avais pu actionner et constater lors de la première année d’expérimentation.

Ces nouveaux élèves tweeteurs ont un profil différent de celui des élèves de @laderniereannee

  • ils sont plus jeunes (environ 2 à 3 ans de moins)
  • ils sont moins matures  (ce n’est pas qu’une question d’âge) et encore ancrés dans une logique de « jeu » , de partage
  • ils sont dans des sections professionnelles (comptabilité et logistique) dans lesquelles l’ordinateur est un outil permanent de travail Ce profil a permis l‘intégration plus évidente et plus immédiate de Twitter comme outil dans leur apprentissage. Ces élèves sont de vrais « digital natives » : cette génération née avec un ordinateur et internet, qui a commencé à pratiquer l’internet directement par le Web 2.0 . Ils ont rarement tenu un blog type « skyblog » mais ont tous déjà un compte Facebook et pour certains mêmes avaient ouvert un compte Twitter personnel avant le début de l’année scolaire.

Par ce profil, l’élargissement temporel du réseau au delà du temps de classe a été immédiatement un fait acquis. Dès l’outil connu et approprié dans ses codes, ils ont en fait un usage systématique en dehors du temps de classe. Communication verticale (élève-enseignant) mais aussi très active horizontalement (élève-élève).

L’avatar (une photo de l’élève ou d’un identifiant) , le pseudo (prénom+nom) m’ont permis de par leurs échanges quotidiens d’apprendre à très vite les connaître bien au delà du temps de classe. Permis aussi une première évaluation diagnostique de leurs productions d’écrit (certes limitées à 140 caractères !) et identifier succinctement les difficultés expressionnelles de certains élèves.

De l’utilité de former aux outils et aux usages du numérique

Un échange de tweets aujourd’hui m’a fait réfléchir à la place que l’on peut donner à la formation aux outils et aux usages du numérique chez les enseignants.

Je venais de tweeter deux messages: le premier où je me réjouissais de former bientôt, à sa demande, une collègue à Twitter. Le deuxième où je me réjouissais d’avoir initié mes collègues à Google doc. Le tweet reçu a été : « Mais ils ont quel âge tes collègues ? Je trouve hallucinant que tu aies « formé » la doc à Twitter». S’en est suivi un échange de tweets fort intéressant entre plusieurs profs ou alliés de la pédagogie sur le sujet.

Rappel: il y a un an et demi, j’étais de ces profs que l’on « aurait pu former à Twitter » ou à tout autre usage du numérique. Mes seuls usages du numérique en classe étaient la recherche sur Internet et le vidéoprojecteur pour projeter des pages web. Je ne savais pas ce que voulait dire « Web 2.0 » , numérique, réseaux sociaux du net etc.
J’étais pourtant très utilisatrice du Web 2.O dans ma vie privée : blog, partages de photos, débuts sur Facebook et sur Twitter.

Cet usage personnel ludique du Web 2.0 s’est transformé en usage professionnel.

Parce que j’y ai vu un intêrét d’usage avec mes élèves.

Parce que je maîtrisais l’outil .

Parce qu’on m’a formé personnellement à l’outil

Parce que l’outil était simple d’usage et ne demandait pas de fait une longue formation et des connaissances poussées en informatique

Depuis un an et demi, j’utilise Twitter en classe. Se former et former à l’outil est très simple (pour les élèves comme pour les enseignants) : en une heure, c’est fait. En quelques tweets de pratique, l’outil est complètement maîtrisé. Plus qu’à l’outil c’est à l’usage d’un réseau social du net que je les forme. En quoi cet outil peut servir à notre pédagogie et à l’apprenant?

De cette pratique du micro-blogging, me sont apparus d’autres besoins qui ont entraîné bien des découvertes: J’ai pratiqué Google wave, découvert Google doc, découvert l’open-source, wordpress, les mondes virtuels, Etherpad, paper-li, netvibes etc.

Chaque jour, j’en apprends un peu plus. Quand je ne sais pas, je demande: sur Twitter, c’est le principe . Comme l’écrit Loïc Hay (@loichay) « ce que je sais je le partage, ce que je ne sais pas je le demande » . Il y a toujours quelqu’un pour me répondre: un prof ou un non prof. Je veux mon réseau large et éclectique, il est d’une richesse incroyable. Avec cette première et primordiale qualité: aucun jugement sur le niveau numérique de celui qui pose la question. J’ai un tout petit niveau informatique, un netbook sous windows avec des touches que j’ai fait fondre au sèche-cheveux (!) et un i-phone qui se bloque souvent parce que je ne me souviens plus de son mot de passe. Mais je ne lis jamais aucun tweet dénigrant ce niveau. Il y a en chaque tweeteur un pédagogue qui sommeille !

J’ai un petit niveau mais je progresse chaque jour dans mon usage du numérique. Souvent je bloque, je me dis que je n’ai pas le niveau et c’est vrai. Je me forme lentement par manque de temps surtout et parce que je dois me former seule à ces outils. Je rêve d’une formation sur un temps long. Dans une entreprise privée, on m’enverrait en formation accélérée. Dans l’Education nationale, on me dit « vous devez enseigner avec les TICE! » sans aucun formation !

J’ai le privilège de pouvoir participer à de riches rencontres comme les rencontres Tice de mon académie, Intertice, Educamp à Lille-Wattrelos, le forum de l’innovation, Ludovia et, à venir, au Forum de l’innovation pédagogique à Cape Town et Clair2011 au Canada. Rencontres où l’on me demande de témoigner sur mes pratiques. Et rencontres où je peux apprendre aussi beaucoup sur d’autres pratiques par des enseignants, des formateurs qui ont cela en commun avec moi d’être persuadés que leurs pratiques servent à l’apprenant.

Dans mon établissement, même si le matériel informatique est très conséquent, les usages du numérique sont faibles. Comme dans 99% des établissements et pour 99% des enseignants ! De ci, de là un blog, de la balado-diffusion et c’est tout. Il n’empêche que c’est un excellent établissement, avec des enseignants motivés qui montent et gèrent de vrais et très pédagogiques projets. Parfois je me sens en décalage dans mes pratiques numériques mais le plus souvent je suis en adéquation complète avec ce que mes collègues pratiquent en classe: une vraie dynamique au service de la réussite pédagogique.

Parce que j’accède par des voies « underground » à plus de savoirs et de compétences numériques, j’essaie de transmettre ces savoirs et ces compétences: à mes élèves et à mes collègues. Quand je forme un enseignant de plus à Twitter, c’est qu’il nous a entendu, profs comme élèves pratiquants, en parler et vanter le réseau  ! C’est que nous l’avons convaincu qu’il saurait lui aussi l’utiliser et que l’outil sera utile dans sa pédagogie.

Hier David Cordina (@w2ydavid) ouvrait un google doc pour que l’on imagine un échange avec ses étudiants indiens à Bombay et les miens à La Rochelle via twitter. Ce matin, j’ai initié mes collègues à l’outil pour mettre en œuvre notre projet de voyage pédagogique à Dublin.

Ce que j’apprends d’un côté, je le transmets à d’autres de l’autre côté. C’est aussi et surtout ça la richesse des échanges engendrés par le numérique: collaboration, mutualisation des savoirs et des compétences.

Petit article dédié à tous les tweeteurs qui me suivent et m’épaulent dans mes apprentissages depuis un an, du Canada à l’Inde en passant par la France, la Suisse ou la Belgique !