De l’utilité de former aux outils et aux usages du numérique

Un échange de tweets aujourd’hui m’a fait réfléchir à la place que l’on peut donner à la formation aux outils et aux usages du numérique chez les enseignants.

Je venais de tweeter deux messages: le premier où je me réjouissais de former bientôt, à sa demande, une collègue à Twitter. Le deuxième où je me réjouissais d’avoir initié mes collègues à Google doc. Le tweet reçu a été : « Mais ils ont quel âge tes collègues ? Je trouve hallucinant que tu aies « formé » la doc à Twitter». S’en est suivi un échange de tweets fort intéressant entre plusieurs profs ou alliés de la pédagogie sur le sujet.

Rappel: il y a un an et demi, j’étais de ces profs que l’on « aurait pu former à Twitter » ou à tout autre usage du numérique. Mes seuls usages du numérique en classe étaient la recherche sur Internet et le vidéoprojecteur pour projeter des pages web. Je ne savais pas ce que voulait dire « Web 2.0 » , numérique, réseaux sociaux du net etc.
J’étais pourtant très utilisatrice du Web 2.O dans ma vie privée : blog, partages de photos, débuts sur Facebook et sur Twitter.

Cet usage personnel ludique du Web 2.0 s’est transformé en usage professionnel.

Parce que j’y ai vu un intêrét d’usage avec mes élèves.

Parce que je maîtrisais l’outil .

Parce qu’on m’a formé personnellement à l’outil

Parce que l’outil était simple d’usage et ne demandait pas de fait une longue formation et des connaissances poussées en informatique

Depuis un an et demi, j’utilise Twitter en classe. Se former et former à l’outil est très simple (pour les élèves comme pour les enseignants) : en une heure, c’est fait. En quelques tweets de pratique, l’outil est complètement maîtrisé. Plus qu’à l’outil c’est à l’usage d’un réseau social du net que je les forme. En quoi cet outil peut servir à notre pédagogie et à l’apprenant?

De cette pratique du micro-blogging, me sont apparus d’autres besoins qui ont entraîné bien des découvertes: J’ai pratiqué Google wave, découvert Google doc, découvert l’open-source, wordpress, les mondes virtuels, Etherpad, paper-li, netvibes etc.

Chaque jour, j’en apprends un peu plus. Quand je ne sais pas, je demande: sur Twitter, c’est le principe . Comme l’écrit Loïc Hay (@loichay) « ce que je sais je le partage, ce que je ne sais pas je le demande » . Il y a toujours quelqu’un pour me répondre: un prof ou un non prof. Je veux mon réseau large et éclectique, il est d’une richesse incroyable. Avec cette première et primordiale qualité: aucun jugement sur le niveau numérique de celui qui pose la question. J’ai un tout petit niveau informatique, un netbook sous windows avec des touches que j’ai fait fondre au sèche-cheveux (!) et un i-phone qui se bloque souvent parce que je ne me souviens plus de son mot de passe. Mais je ne lis jamais aucun tweet dénigrant ce niveau. Il y a en chaque tweeteur un pédagogue qui sommeille !

J’ai un petit niveau mais je progresse chaque jour dans mon usage du numérique. Souvent je bloque, je me dis que je n’ai pas le niveau et c’est vrai. Je me forme lentement par manque de temps surtout et parce que je dois me former seule à ces outils. Je rêve d’une formation sur un temps long. Dans une entreprise privée, on m’enverrait en formation accélérée. Dans l’Education nationale, on me dit « vous devez enseigner avec les TICE! » sans aucun formation !

J’ai le privilège de pouvoir participer à de riches rencontres comme les rencontres Tice de mon académie, Intertice, Educamp à Lille-Wattrelos, le forum de l’innovation, Ludovia et, à venir, au Forum de l’innovation pédagogique à Cape Town et Clair2011 au Canada. Rencontres où l’on me demande de témoigner sur mes pratiques. Et rencontres où je peux apprendre aussi beaucoup sur d’autres pratiques par des enseignants, des formateurs qui ont cela en commun avec moi d’être persuadés que leurs pratiques servent à l’apprenant.

Dans mon établissement, même si le matériel informatique est très conséquent, les usages du numérique sont faibles. Comme dans 99% des établissements et pour 99% des enseignants ! De ci, de là un blog, de la balado-diffusion et c’est tout. Il n’empêche que c’est un excellent établissement, avec des enseignants motivés qui montent et gèrent de vrais et très pédagogiques projets. Parfois je me sens en décalage dans mes pratiques numériques mais le plus souvent je suis en adéquation complète avec ce que mes collègues pratiquent en classe: une vraie dynamique au service de la réussite pédagogique.

Parce que j’accède par des voies « underground » à plus de savoirs et de compétences numériques, j’essaie de transmettre ces savoirs et ces compétences: à mes élèves et à mes collègues. Quand je forme un enseignant de plus à Twitter, c’est qu’il nous a entendu, profs comme élèves pratiquants, en parler et vanter le réseau  ! C’est que nous l’avons convaincu qu’il saurait lui aussi l’utiliser et que l’outil sera utile dans sa pédagogie.

Hier David Cordina (@w2ydavid) ouvrait un google doc pour que l’on imagine un échange avec ses étudiants indiens à Bombay et les miens à La Rochelle via twitter. Ce matin, j’ai initié mes collègues à l’outil pour mettre en œuvre notre projet de voyage pédagogique à Dublin.

Ce que j’apprends d’un côté, je le transmets à d’autres de l’autre côté. C’est aussi et surtout ça la richesse des échanges engendrés par le numérique: collaboration, mutualisation des savoirs et des compétences.

Petit article dédié à tous les tweeteurs qui me suivent et m’épaulent dans mes apprentissages depuis un an, du Canada à l’Inde en passant par la France, la Suisse ou la Belgique !

3 réflexions sur “De l’utilité de former aux outils et aux usages du numérique

  1. zeldabis dit :

    Je suis contente que mon tweet initial t’ait incité à écrire cet article.

    Cependant, je le répète, j’exprimais dans ce tweet la surprise, et non un jugement négatif. Je suis professeur-documentaliste, mon métier consiste aussi à être au courant (et pas forcément à pratiquer) des nouvelles pratiques d’information.

    Pour les autres collègues, cela se comprend mieux, mais depuis cinq ans, tous les établissements où j’ai exercé (nombreux, je suis TZR), avaient au minimum un Intranet, avec des formations internes, et la plupart du temps un ENT.

    Je te rejoins totalement sur la distinction entre l’usage et l’outil. J’aimerais d’ailleurs que tu développes davantage cet aspect (quels usages du réseau social acquièrent tes élèves grâce à Twitter) ici.

  2. betux dit :

    Bonjour,

    Merci pour ces retours sur l’usage des outils.
    Mais du coup il est ou le lien pour vous suivre sur tweeter ? ;o)
    merci et bonne continuation !!

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