Des pratiques numériques pour rendre l’élève autonome

  En cours, échange avec un de mes élèves: 

  • madame, je n’ai pas fini le travail que je devais vous rendre à la fin du cours. il est sur le réseau du lycée et on est en vacances ce soir!
  • Mets le sur une clef , finis le chez toi
  • mais on ne se revoit pas après les vacances, on est en stage jusqu’à février ! Ce sera trop tard
  • Tu le finis chez toi, tu me l’envoies par mail avant mercredi.
  • Je n’ai pas votre mail et ça sonne ! Vous n’aurez pas le temps de me le donner !
  • je te l’envoie par direct message via twitter
  • je pars en vacances ! Je n’aurai pas mon ordi !
  • Mais tu aura ton iphone !
  • (soupir)

 

L’adolescent est sur-équipé numériquement et pratique en surabondance le numérique.

La transposition de cet équipement numérique et des usages dans sa fonction « élève » de l’adolescent n’est pas pour autant évidente.

S’ils utilisent un réseau social, ils n’utiliseront pas de façon intuitive Twitter.
S’ils ont un ordinateur personnel, ils n’utilisent pas de façon intuitive le mail, les documents de partage…

 Les pratiques numériques individuelles ne sont pas inscrites intuitivement dans une logique pédagogique. Ni pour l’élève, ni pour l’enseignant. Je pourrai faire le même parallèle avec les pratiques numériques privées et professionnelles de l’enseignant.

 Un public plus « difficile », moins mâture, moins volontaire, moins motivé, cassé socialement,  un volume horaire restreint (5h30 au lieu de 9h) , un programme élargi, une année dans le cursus scolaire réduit (passage de 4 ans BEP + Bac pro à un seul bac pro en 3 ans) rendent cette année mes pratiques du numérique et principalement de Twitter en classe et hors temps de classe plus difficiles, au moins plus laborieuses.

Les faire tweeter , leur demander de m’envoyer leurs travaux par mail , de faire des recherches internet en amont, en aval du cours, c’est leur demander une implication forte. Au delà de la stricte heure de cours. C’est leur demander de s’investir réellement dans leurs apprentissages. C’est aussi leur demander plus d’autonomie, de les laisser évoluer dans un cadre qui ne leur semble plus aussi strict mais aussi surtout peu rassurant. C’est les ouvrir à un monde qui leur fait peur : celui de l’adulte en construction chargé de règles et d’autonomie.

Une réflexion sur “Des pratiques numériques pour rendre l’élève autonome

  1. Jyaire dit :

    Faut-il leur donner cette habitude du « hors-classe » dès le Primaire ?
    Je me pose en effet beaucoup de questions concernant l’utilisation du Net pour prolonger la classe (ne serait-ce que la production d’écrit pour Twitter) au-delà de mes 24h avec les élèves en Primaire…

    Je sens que je vais retrouver les mêmes détracteurs que ceux qui ont interdi les devoirs écrits à la maison : sous prétexte que tout le monde n’a pas accès au Net, ou que tout le monde n’a pas le même accompagnement de l’adulte, il ne faudrait rien faire pour ceux qui le pourraient…

    A suivre ; je me donne ce temps de vacances pour réfléchir. Et à la différence de tes grands, mes petits CP sont très motivés pour Twitter depuis la maison, et continuer ainsi, sans le savoir, l’entraînement à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture !

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