Archives Mensuelles: janvier 2012

Réseaux sociaux et éducation: Quand ce sont les élèves qui en parlent !

4 de mes élèves de @derniereannee3 parlent de nos usages des réseaux sociaux en classe

 

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Réseaux sociaux et éducation : Commencer le bilan

Je participerai le jeudi 26 janvier à la table ronde « Education et numérique: Réseaux sociaux et apprentissage, amis ou ennemis » à la Cantine numérique de Rennes  (le programme est ici ) .
Je ferai à cette occasion un bilan succinct  de l’usage des réseaux sociaux sur le long terme en éducation.

Je dresserai en fin d’année scolaire un bilan complet sur l’usage des réseaux sociaux en classe: quelle évolution sur ces 3 années d’utilisation? Quels leviers? Quels freins? Pourquoi ne pas s’être restreint au seul réseau Twitter mais l’avoir élargi à d’autres outils du Web 2.0 ? …etc

Dans ce prezi ( support de ma présentation à La Cantine) , j’aborde les problématiques, les réseaux utilisés, les scenarii pédagogiques intégrant les réseaux et une ébauche non exhaustive des leviers qu’ils apportent à ma pédagogie.

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C’est l’histoire du « vieux con qui sait » contre « le jeune inconscient qui n’a pas réfléchi »

A la demande par un centre socio-culturel, je commence demain la formation de collégiens et de personnel de santé/enseignant et direction sur la question de l’image de soi et l’identité numérique de l’adolescent.

L’objectif est d’amener l’adolescent à réfléchir à sa posture numérique. Bien au-delà, c’est la question de l’image de l’adolescent que nous allons aborder à travers ces ateliers de 3H. Quelle image l’adolescent a de lui? Quelle image ses « traces numériques » lui renvoient-elles et au final quelle image souhaite-t-il donner de lui sur la toile?

Si ma démarche est implicitement l’éducation à l’internet et aux réseaux sociaux, elle aura une portée plus globale pour aider l’adolescent de se construire par lui-même sur la question de l’identité.

Je crois que c’est une erreur  de supposer que l’adolescent  peut agir et réagir en adulte sur Internet. Une erreur d’adulte.  L’adulte lui impose des règles et attend à ce qu’il réagisse de façon raisonnée et réfléchie. Dans le quotidien comme à travers un ordinateur. Il lui donne des outils, l’accompagne rarement, le laisse se lancer seul et en groupe… et constate en dressant un bilan catastrophé que l’adolescent fait des erreurs.

L’adolescent ne se projette pas dans son futur d’adulte, laisse des traces indélébiles et nuisibles, attaque, menace, dénonce, change d’avis, réitère les mêmes erreurs IRL comme sur l’espace virtuel. L’adulte qui est tenu de savoir qu’il n’y a pas de barrière (douanière, législative…)  entre l’IRL et le virtuel s’offusque que l’adolescent ne soit pas aussi conscient et raisonné que lui.  L’adulte devient dès lors « le vieux con qui sait», l’adolescent « le jeune inconscient qui n’a pas réfléchi ».

Et si plutôt qu’interdire et constater, l’adulte se posait dans son rôle d’éducateur et d’accompagnateur ? S’il acceptait l’adolescent dans sa posture d’adolescent: c’est à dire un adulte en devenir, qui se cherche pour apprendre à se définir lui et lui dans le groupe, dans la société, qui demande le droit d’apprendre autant que celui de se tromper?

Acceptons, nous adultes, que l’adolescent fasse des erreurs et ne sache pas encore tout. Il y a cette épée au-dessus de la tête de l’adolescent: ce que tu écris, déposes, supposes sur la toile te suivra toute ta vie.

Abordons le droit à l’oubli, le droit à l’erreur! Nous n’anticipons pas nous non plus, adultes, ce que sera leur futur: ils grandiront avec ces erreurs et cette idée qu’ils ont été lâchés seuls sur une route fabuleuse mais très dangereuse, sans permis et sans conduite accompagnée.

A savoir qui est, aujourd’hui, le plus irresponsable ici de l’adulte ou de l’adolescent…

Le prezi de la formation est disponible ci-dessous :

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Quand les réseaux sociaux aident au cours d’histoire

Le cours d’histoire est un cours difficile pour mes élèves : un manque de repères spatio-culturo-temporels qui rend la tâche du professeur d’histoire que je suis ardue. Ce qui est moins prégnant dans mon cours de français, de géographie ou d’éducation civique l’est vraiment en histoire.

Alors je peux les enfermer, nous cloîtrer dans un cours qui sera leur sera hermétique et nous passerons vite à autre chose.  Mais ensemble, nous ne fonctionnons pas ainsi. Parce que je leur ai appris à devenir acteur, à collaborer, mutualiser dans mon cours. Difficile aujourd’hui de leur lancer un « engloutissez et tant pis si vous ne comprenez pas, il faut qu’on avance! ». On avancera sûrement bien lentement mais on avancera !

Comme le nouveau programme de terminale bac pro porte sur la décolonisation, nous allons aborder en focus la question indienne.

Nous y avons vu là l’occasion de réactiver nos échanges avec les étudiants indiens de l’Alliance française de Bombay  sous la direction pédagogique de David Cordina : Depuis deux ans nous échangeons (au gré des projets menés de par et d’autres) via Twitter sur des thèmes variés concernant la France et l’Inde : cinéma, histoire, géographie, traditions, culture…

David Cordina expose les tenants et aboutissants de ces e-tandems ici 

Nous avons choisi d’activer ces échanges via une thématique large axée sur l’Histoire, la culture et mais aussi le ressenti de ces étudiants sur cette thématique forte que sont la présence anglaise, la décolonisation et Gandhi. Dans leur environnement indien actuel, quelles sont les traces et quel héritage portent-ils?

Ce projet d’échanges permet ainsi d’aborder un thème d’histoire mais d‘activer des travaux d’écriture autour de l’identité et la diversité (un des objets d’étude du programme de français)

Au-delà de l’échange informatif, explicatif, peut-être argumenté, ces e-tandems devraient nous permettre de activer une fois de plus ce qui motive mes élèves:  aller voir ailleurs et pour apporter aussi d’ailleurs. Ces échanges permettent de comprendre que l’Histoire, la géographie ne se passent pas que par les pages d’un manuel mais ont bien des marqueurs visibles dans notre quotidien, dans notre environnement, dans nos identités.

 Couper l’école de son environnement sociétal est une erreur. Nous n’apprenons pas à lire pour savoir lire mais bien pour déchiffrer les signes environnementaux, pour accéder à la littérature, pour échanger. Nous n’apprenons pas l’Histoire pour l’Histoire mais bien pour comprendre ce qui a construit dans notre environnement actuel.

Pour amener l’élève à mieux comprendre un cours d’Histoire, à le sensibiliser, à l’impliquer dans son apprentissage, les réseaux sociaux jouent un rôle fort. Parce que l’élève est acteur par ce rôle d’instigateur, de « chercheur« . Parce qu’il interagit, parce qu’il réfléchit. Parce qu’il comprend qu’il n’y a pas qu’une seule histoire mais bien des perceptions différentes qui ont permis de construire l’Histoire. Par l’usage des réseaux sociaux en Histoire, nous rapprochons l’élève de ce qu’est vraiment l’Histoire : la construction de la société.

Usage qui se lie facilement , de fait, avec le programme d’éducation civique: « le citoyen et le monde » .

Déroulement des échanges:

-Avant de commencer à traiter ce sujet d’étude, nous avons lancé via le tumblr de la classe un appel à échanges : A lire ici

-La balise utilisée est celle commune à tous les e-tandems avec les Indiens : #indofr

J’ai ajouté une autre #herit (pour héritage) afin d’identifier les échanges sur ce thème précis

– David Cordina a relayé cet appel à échanges sur le réseau ning « mumbaikar in french » qui est l’espace d’écriture des étudiants Indiens. Une première réponse, l’appel juste lancé, a été rédigée: l’étudiante a choisi de rédiger un texte long avec photo: Twitter n’était pas adapté en format, elle a choisi de ce fait le ning. Cette démarche adaptabilité du réseau social au message à transmettre est riche ! 

-Les échanges seront sur la base du volontariat, asynchrones. Nous activerons des échanges peut-être plus structurés élève à étudiant (avec suivi de comptes, échanges synchrones) si les tweets  sont nombreux.

-Nous utiliserons chaque texte en cours pour activer recherches, discussions, pour alimenter le cours. Les élèves constitueront un storify pour garder une trace de ces échanges.

-Il ne s’agit pas ici de la colonne vertébrale de mon cours mais bien d’un supplément qui pourtant sera sûrement la base de la motivation des élèves. Comme à chaque fois que nous avons utilisé ce procédé d’ouverture de la classe par les réseaux sociaux (avec les projets #tweetfemme #geotweet …) , leur implication, leur collaboration et au final leurs apprentissages des savoirs et compétences requis a été bien plus fort.

A noter : ces échanges ne sont pas restreints entre Indiens et élèves qui utilisent la balise #indofr.

Vous avez des connaissances, des documents (*) , des photos, un vécu, un ressenti, une histoire à partager sur

-l’héritage de la présence coloniale anglaise en Inde

-la décolonisation indienne

-l’héritage de Gandhi en Inde ?

Soyez les bienvenus sur notre fil twitter: il suffit d’utiliser la balise #herit !

A suivre…

A noter qu’à l’occasion d’Expolangues , Porte de Versailles, nous présenterons avec David Cordina, le principe des e-tandems avec les réseaux sociaux pour mieux et plus écrire (le 04 février de 11h à 12H)

(* aux sources vérifiées et indiquées)

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