C’est l’histoire du « vieux con qui sait » contre « le jeune inconscient qui n’a pas réfléchi »

A la demande par un centre socio-culturel, je commence demain la formation de collégiens et de personnel de santé/enseignant et direction sur la question de l’image de soi et l’identité numérique de l’adolescent.

L’objectif est d’amener l’adolescent à réfléchir à sa posture numérique. Bien au-delà, c’est la question de l’image de l’adolescent que nous allons aborder à travers ces ateliers de 3H. Quelle image l’adolescent a de lui? Quelle image ses « traces numériques » lui renvoient-elles et au final quelle image souhaite-t-il donner de lui sur la toile?

Si ma démarche est implicitement l’éducation à l’internet et aux réseaux sociaux, elle aura une portée plus globale pour aider l’adolescent de se construire par lui-même sur la question de l’identité.

Je crois que c’est une erreur  de supposer que l’adolescent  peut agir et réagir en adulte sur Internet. Une erreur d’adulte.  L’adulte lui impose des règles et attend à ce qu’il réagisse de façon raisonnée et réfléchie. Dans le quotidien comme à travers un ordinateur. Il lui donne des outils, l’accompagne rarement, le laisse se lancer seul et en groupe… et constate en dressant un bilan catastrophé que l’adolescent fait des erreurs.

L’adolescent ne se projette pas dans son futur d’adulte, laisse des traces indélébiles et nuisibles, attaque, menace, dénonce, change d’avis, réitère les mêmes erreurs IRL comme sur l’espace virtuel. L’adulte qui est tenu de savoir qu’il n’y a pas de barrière (douanière, législative…)  entre l’IRL et le virtuel s’offusque que l’adolescent ne soit pas aussi conscient et raisonné que lui.  L’adulte devient dès lors « le vieux con qui sait», l’adolescent « le jeune inconscient qui n’a pas réfléchi ».

Et si plutôt qu’interdire et constater, l’adulte se posait dans son rôle d’éducateur et d’accompagnateur ? S’il acceptait l’adolescent dans sa posture d’adolescent: c’est à dire un adulte en devenir, qui se cherche pour apprendre à se définir lui et lui dans le groupe, dans la société, qui demande le droit d’apprendre autant que celui de se tromper?

Acceptons, nous adultes, que l’adolescent fasse des erreurs et ne sache pas encore tout. Il y a cette épée au-dessus de la tête de l’adolescent: ce que tu écris, déposes, supposes sur la toile te suivra toute ta vie.

Abordons le droit à l’oubli, le droit à l’erreur! Nous n’anticipons pas nous non plus, adultes, ce que sera leur futur: ils grandiront avec ces erreurs et cette idée qu’ils ont été lâchés seuls sur une route fabuleuse mais très dangereuse, sans permis et sans conduite accompagnée.

A savoir qui est, aujourd’hui, le plus irresponsable ici de l’adulte ou de l’adolescent…

Le prezi de la formation est disponible ci-dessous :

[gigya src= »http://prezi.com/bin/preziloader.swf » type= »application/x-shockwave-flash » allowfullscreen= »true » allowscriptaccess= »always » width= »550″ height= »400″ bgcolor= »#ffffff » flashvars= »prezi_id=q1yn4i2thfu8&lock_to_path=0&color=ffffff&autoplay=no&autohide_ctrls=0″]
Publicités
Tagué

6 réflexions sur “C’est l’histoire du « vieux con qui sait » contre « le jeune inconscient qui n’a pas réfléchi »

  1. Yanick dit :

    Merci Laurence pour ce billet et bonne formation ils en ont de la chance !

  2. […] pour aider l’adolescent de se construire par lui-même sur la question de l’identité. Seguir leyendo Añado el mapa visual de Philippe Boukobza sobre identidad digital: Otros enlaces relacionados […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :