Archives Mensuelles: décembre 2013

Redéfinir sa posture enseignante en tricotant des liens invisibles

Pour introduire les formations que je donne « les usages des réseaux sociaux en pédagogie » ,  j’utilise souvent la méthode dite des « pelotes de laine » de Christophe Batier. . L’idée est de faire tirer entre les membres d’un même auditoire des fils de laine: ces fils représentent les liens invisibles qui nous rassemblent et créent un réseau social. « Ceux qui fument, ceux qui courent, ceux qui cuisinent, les amateurs de thé, les adeptes de loisirs créatifs… ». Pour plus de détails : lisez le descriptif qu’en fait Christophe (ici)

Lorsque je commence une intervention, j’ai, face à moi, un groupe qui peut aller d’une dizaine à une cinquantaine de personnes. Un groupe qui fait bloc: des enseignants, formateurs, personnels de direction unis par un espace commun d’éducation. Ils sont là (de gré ou de force!) pour écouter ce que je vais leur raconter sur mes usages.  Il y a celui qui est déjà convaincu, celui qui est attentif mais aussi celui qui baille, celui qui ne voulait pas, celui qui est arrivé  en retard, celui qui discute septique avec sa voisine…
Vu de l’estrade, ça donne ça : en vert l’intervenante, en rouge l’auditoire

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En introduction, je lance mes pelotes avec cette phrase « je vous présente un premier outil numérique! ». Je vois l’auditoire déconcerté, obligé de se redresser, de s’impliquer, de se questionner. Alors les fils se tendent, les pelotes volent, la parole se libère, les fils s’emmêlent, les rires fusent. Je passe d’un groupe très sage à des individus bruyants. J’entends parler de pâtisseries, de marathon, d’une nouvelle méthode pour cesser de fumer, du thé préféré…
Pour la dernière pelote à lancer, je leur demande, puisqu’ils ont bien compris le principe, de choisir le thème : « ceux qui font de la photo, ceux qui aiment les séries américaines, les voyages, les polars.. » . Ils débattent, s’agitent, s’affrontent en cherchant surtout à intégrer celui qui n’a toujours pas tenu un brin de laine! 
Je n’ai que 5 pelotes à lancer: ils regrettent tous qu’il n’y en ait pas plus! Ils revendiquent d’autres thèmes, ont encore envie de jouer. 
Petit à petit je récupère les fils, ils reforment les pelotes, me les rendent : la parole libérée ne se tarit pas. Il faut pourtant que je reconcentre l’auditoire pour la suite de ma présentation! 

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Cet exercice permet un changement de posture : d’un groupe passif et consommateur, on passe à des individus acteurs, impliqués, valorisés, qui s’expriment et produisent du contenu. Chacun avec son identité propre et des compétences indivuduelles à prendre en compte. 
L’ensemble est bruyant, paraît dissipé, n’est plus « contrôlé », est à reconcentrer. Mais c’est bien cet instant que je préfère : ce passage de passif à acteur, de consommateur à producteur. 

Cette activité introductive réunit finalement tout ce que je tends à mettre en place en classe: piquer la curiosité, individualiser les apprentissages, impliquer et  integrer tous les élèves, les faire apprendre en jouant, les rendre acteurs, producteurs, les amener à débattre, à analyser, à se confronter, à progresser. Sans perdre pour autant le fil conducteur de ma tâche: leur  apporter des savoirs et des compétences! 

La configuration de l’espace d’apprentissage s’en voit profondément modifié :

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Réseaux sociaux et pédagogie: Comment imaginer le binôme?

Objectifs, leviers, freins, exemples, bilan et perspective de 5 ans d’usages des réseaux sociaux en classe

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