Enseignants sur les réseaux sociaux : présence oui mais avec du contenu!

La question se pose toujours :
Quelle place l’Ecole doit-elle prendre sur Internet et plus spécifiquement sur les réseaux sociaux ? L’Ecole doit-elle s’engager, s’impliquer, laisser tomber, fuir ?
Ce week-end, j’ai suivi à distance sur Twitter un événement « meeting » de très nombreux tweeteurs pédagogiques : le #CLIC2016 (congrès de la classe inversée). Sur ma TL j’ai pu lire une émulation euphorique des participants, des réticences et en filigranes les détracteurs qui glissent si vite vers les injures.
Le Twitter des profs donne cette impression : un immense champ de bataille sur thème d’éducation. Les pro- réforme du collège contre les anti, les pro-classe inversée contre les anti, les pro-numériques contre les anti, les pro- classe en îlot contre les anti, les pro-apple contre les pro- Microsoft contre les pro-Google contre les pro-logiciels libres, les pro-tel syndicat, les anti, les « meilleurs profs » contre ceux qui disent « nous aussi »…
La polémique semble faire vivre (au moins virtuellement) certains tant ils aiment à attiser les débats, que dis-je les conflits.
Et le contenu ? Oui le contenu ! Si Twitter était « ma salle des profs idéale » c’est que j’y trouvais, partageais du contenu. C’est qu’on y réfléchissait, collaborait, engageait des projets. Je constate que ça existe encore, heureusement. Mais c’est tellement noyé dans ce « bisounours vs Côté obscur » qu’on y avance à l’aveugle ne sachant jamais où on pose ses pieds pédagogiques. Et donne envie de fuir. J’ai fui avec mes élèves et souvent je suis tentée de fuir en tant qu’enseignante.
Ce que vit « Twitter en éducation », c’est la vitrine de ce qui se passe de façon générale sur tous les réseaux sociaux : un « deepweb » qui prend de plus en plus de place parce que nous avons laissé la place au contenu pauvre, voire dangereux. IL est grand temps de reprendre la place laissée et d’inonder le web de contenu intéressant, intelligent et positif.
Les extrémistes (en tout genre) ont compris la force des réseaux sociaux comme vecteurs de diffusion de leur propagande. On peut en faire un constat dépité et fataliste. Ou réagir.
Quand, en formation auprès de personnels de l’Education (enseignants, chefs d’établissement, CPE…) je montre les pages Facebook du CNRS, le compte Twitter d’une twittclasse, le Snapchat de l’Education Nationale, le Pinterest de ma classe, les chaînes tutos sur Youtube d’un prof de maths, j’entends « alors on peut trouver du contenu intéressant sur un réseau social ? ».

On a laissé cette pauvreté s’installer à la télévision : l’Ecole a dénigré ce média quand il est apparu refusant de s’y engager, de s’y intéresser, de trop peu s’y associer pour proposer un contenu de valeur. On a oublié qu’il y avait des émissions télévisuelles de grande qualité pédagogique pour se plaindre aujourd’hui que la télé soit noyée sous les Anges de la Téléréalité et Hanouna.
L’Ecole prend aujourd’hui la même route sur Internet.
A nous de réagir en laissant de côté les polémistes, les détracteurs, les attiseurs de conflit pour nous focaliser sur un contenu de qualité. C’est notre rôle d’enseignant et c’est qui nous différencie de ce rôle de simple accompagnant qu’on voudrait nous donner : nous sommes là pour proposer un contenu de qualité en prenant en compte tous les vecteurs de diffusion, ce qui suppose Internet de façon générale et les réseaux sociaux en particulier. Nous avons un devoir de vulgarisation du savoir : c’est le propre de notre métier. A nous de nous approprier ces nouveaux espaces qui n’en sont plus, de nouveaux, depuis longtemps pour les extrémistes !
A nous de proposer des contenus de qualité sur nos réseaux d’enseignant, de proposer des séquences d’Education à Internet en classe, de diffuser de la Culture sur les réseaux de classe et d’établissement (page Facebook d’établissement, Compte Twitter, snapchat ou périscope de classe …).
Parce que la menace sur les réseaux sociaux est bien plus dangereuse qu’une simpliste émission de téléréalité sur NRJ12 même s’ils ont chacun le même objectif : appauvrir la pensée et la réflexion de chaque jeune citoyen en construction.

A lire : Daesch et les réseaux sociaux http://geopolis.francetvinfo.fr/reseaux-sociaux-lutter-contre-daech-mode-demploi-73931

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2 réflexions sur “Enseignants sur les réseaux sociaux : présence oui mais avec du contenu!

  1. Christian Ducass dit :

    A reblogué ceci sur Le Blog Education de Christian.

  2. […] en classe ou encore sur les attraits du numérique. Elle a publié début juillet un article en partie « coup de gueule » sur la nécessité de contenus de […]

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