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Un nouvel outil au service de ma pédagogie : Storify !

Dans le cadre de mon cours de français, j’ai utilisé un nouvel outil qui nous a été présenté lors du Barcamp Médias- sociaux à Paris ces jours derniers (#ms_sevres11) : Storify

Suite à la projection du film des Frères Dardennes , « le silence de Lorna » (dans le cadre du processus lycéens et cinéma) , les élèves ont eu à étudier différentes critiques sur le film. J’aurais pu leur photocopier quelques textes glanés sur la toile, leur donner une série de questions papier et leur faire rédiger à leur tour un texte argumenté sur le sujet.

Mais ça m’ennuie autant qu’eux ! Je n’y vois qu’une exécution de consigne, aucun attrait pour le support, aucune interactivité, aucune mutualisation, aucune individualisation. C’est justement ce que le numérique, les réseaux sociaux et le web 2.0 apportent à ma pédagogie ! Quand, au contraire, je n’y vois aucune plus-value en termes d’apprentissage de compétences ou de savoirs, je n’utilise pas ces outils. La fonction gadget est inutile, chronophage et improductive.

Voici le scénario pédagogique issu de ces constats:

Volume horaire : 2H (dont une heure par groupe) / classe de terminale bac pro compta

  • J’ai créé une banque de critiques du film sur le pearltrees de la classe (consultable et perlable ) . L’idéal aurait été de leur faire créer en travaillant avec le module de recherche documentaire proposé par ma collègue documentaliste. (mais nous n’avons pas toujours le temps!)
  • J’ai invité les élèves, dès le pearltree créé, par un tweet à « être curieux » et commencer à explorer ces liens. Notre pearltree est synchronisé avec twitter : toute production est donc aussitôt visible via twitter.
  • En classe: chacun sur poste (en groupe la 1ère heure) a ouvert leur twitter et cliqué directement sur le lien (ce qui évite la multiplication des pages à ouvrir) . Chaque texte a été attribué à un élève.
  • L’élève avait à travailler d’abord sur la source: identifier le site, l’auteur, parcourir la page pour avoir une vision globale du producteur et ne pas se focaliser uniquement sur le texte. Education à l’internet et à l’éducation civique par l’usage
  • L’élève avait ensuite une analyse de l’argumentaire du critique à analyser.

En 2ème heure, par binôme, ils ont eu à rédiger des tweets argumentés critiquant le film. Chaque tweet devait commencer par « allez voir #Lorna car … » ou « n’allez pas voir #Lorna car… » . Chaque tweet était balisé. A chaque fois que je leur fais rédiger sous cette forme, ils sont très productifs qualitativement et quantitativement : ce sont des élèves qui ont un rapport à l’écriture difficile mais le format, la publication (et donc la valorisation) de leurs écrits, le cadre rassurant de la structure imposée les amènent à de bonnes productions. Ces productions puisque mutualisées entraînent surtout de forts débats et échanges oraux en classe : sur le fond, sur la forme. Ils se corrigent, se critiquent, s’entraînent . La plus value est très forte.

  • A partir de ces productions (et du travail qu’ils avaient déjà produit en début de semaine via tumblr), je leur ai montré l’outil storify et nous l’avons créé ensemble : l’outil permet de piocher le web (dans Google, Twitter, FB, youtube..) des contenus sur un thème donné, de les réunir et de créer un espace dédié en y ajoutant un texte et un titre propres. Nous avons généré à partir cet espace à partir de 2 recherches : #Lorna (qui nous permettait de situer les tweets élèves) et « Le silence de Lorna » . Nous avons choisi des Tweets, affiches, bande annonce, photos en débattant sur la pertinence des apports et la mise en relation cohérente

Le résultat est visible ici . IL ne s’agit bien sûr que d’une première ébauche très humble de ce qui peut être réalisé avec cet outil. Nous n’avions qu’une demi-heure pour créer ce storify dont une partie réservée à la découverte de l’outil ! Preuve est là qu’il peut être créé rapidement !

L’avis des élèves a été spontané « c’est trop facile et trop génial à faire« .


Quels leviers à un tel usage de classe?

J’y vois un nouvel outil de mutualisation de documents et de production sur une thématique. Adieu le vieil exposé sur une copie double avec des photos imprimées et mal découpées ! L’élève recherche, crée, rédige, produit un espace complet et multi-média. IL peut travailler seul ou à plusieurs. La source est valorisée lorsqu’il s’agit d’un tweet.

L’outil est simple d’approche et d’usage. L‘interface est intuitive et fonctionnelle (il n’y a pas pléthore de fonctions). La synchronisation possible avec les comptes twitter et Facebook renforce encore plus le maillage déjà constitué avec pearltrees, tumblr et la page Facebook du lycée.

L’outil est en ligne et ne suppose pas une installation sur poste , il est gratuit et ne contient pas de publicité. Une adresse mail est nécessaire .

On peut démultiplier le nombre d’administrateurs de compte: comme avec pearltrees, je suis administratrice au même titre que mes élèves. C’est une modification de posture enseignant/élève valorisante pour l’élève. Et c’est ici, bien au-delà de l’outil, la plus-value la plus importante que j’y ai trouvée !

L’enthousiasme de mes élèves me pousse évidemment à transformer l’essai ! A suivre…

Merci à @Aratta pour la démo-découverte de l’outil lors de #ms-sevres11

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