Archives Mensuelles: novembre 2015

Le conseil de classe à audition

Pour une fois, un billet de blog qui n’est pas focalisé sur mes pratiques du numérique en classe:

J’ai expérimenté pour la première fois le conseil de classe à audition d’élèves avec la classe de seconde bac pro (30 élèves) dont je suis la professeure principale.
L’objectif principal était de réaliser des auditions bienveillantes dans l’optique de faire progresser l’élève et non le sanctionner en l’impliquant.

En amont du conseil:
-Un questionnaire est distribué à chaque élève pour lui permettre d’établir le bilan de son trimestre et ce qu’il compte pouvoir améliorer pour progresser lors du suivant
-Entretien individuel avec chaque élève pour discuter de ce bilan et des perspectives de l’élève (3h sur 3h de cours du Prof principal)
-Entretien avec le CPE pour les élèves présentant des absences ou retards chroniques
-Entretien avec le proviseur adjoint (référent de la classe) quand l’élève présente un comportement qui gène sa scolarité ou/et celle de la classe
– Présentation de l’organisation du déroulé du conseil avec les élèves
-Chaque élève prépare sur papier son bilan des points positifs et négatifs de son trimestre (travail, résultats, vie de classe, assiduité-ponctualité) et des ses perspectives pour le 2ème trimestre
-Chaque enseignant complète les bulletins de l’élève sur Pronotes une semaine avant le conseil
-Réunion de l’équipe pédagogique pour bilan (1H)
-le professeur principal prépare la synthèse globale pour chaque élève qui sera notée sur son bulletin
+ mention le cas échéant (avertissement comportement/ travail / blâme/ encouragements/compliments/félicitations)
-Ces synthèses sont partagées sur un document collaboratif à l’équipe pédagogique + Pro adjoint + CPE : échanges et proposition de modification si besoin. Elles ne seront plus modifiées une fois actées en amont

Le déroulement du conseil

-Déroulement sur un créneau horaire de 3 h (après midi)
-Les élèves: dans une salle surveillée par leur Assédu référent avec travaux à réaliser.
-La salle de conseil située face à la salle des élèves
– Disposition des tables en U avec ouverture sur l’araignée » de Pronotes projetée sur le tableau.
(L’idéal serait une grande table ovale pour que chacun puisse se voir et bien s’entendre)
-Personnes présentes : proviseur référent, CPE, équipe pédagogique et les deux délégués placés par des chevalets. Les délégués entourent l’élève auditionné.

-Etape 1: En présence des délégués (10 mn)
Explication du déroulement du conseil de classe
Présentation du bilan général aux délégués par le prof principal
Présentation du bilan général des délégués à l’équipe
Echanges avec les délégués

-Etape 2 (environ 5 mn)
C’est la partie la plus délicate pour que l’on ne tourne pas au tribunal mais bien à l’entretien bilan qui ouvre sur des améliorations
Chaque élève, accompagné des deux délégués s’installe.
L’élève expose son bilan et perspective
Echanges
Le professeur principal annonce la synthèse qui sera noté sur le bulletin de l’élève
Le cas échéant, le proviseur adjoint annonce avertissement ou mention expliquant ce que ça suppose.

Etape 3: fin des auditions
Echanges entre l’équipe et les délégués pour établir un bilan des leviers et freins.
Echanges avec l’assédu référent pour bilan du ressenti des élèves avant et après audition

En aval du conseil
Le cas échéant : entretien avec l’adulte référent qui pourra traiter un problème plus complexe (conseiller d’orientation, médecin scolaire…)

——
Bilan de cette expérimentation

Cette expérimentation a été jugée très positive par tous les protagonistes et nous incite à la renouveler.

Il nous a semblé essentiel de ne pas déroger sur :
– la préparation en amont : synthèses/ entretien/réunion bilan
-préparation des élèves en amont: entretiens + bilan écrit pour aider les élèves les plus timides
-Obtenir de toute l’équipe un consensus pour un conseil bienveillant sans effet tribunal (sans pour autant éluder les problèmes et sanctions)
– Le respect du temps imparti pour avoir du temps pour chaque élève
– Préparer les délégués pour qu’ils soient impliqués, empathiques et qu’ils fassent le consensus parmi les élèves et l’équipe pédagogique
-Favoriser les échanges bienveillants avec chaque élève. Les problèmes rencontrés (comportement, assiduité, travail…) ont été traités en amont le cas échéant, ce qui permet un dialogue constructif avec l’élève.

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Les réseaux sociaux en classe? Faut il continuer?

Twitter en classe ?
J’avoue avoir douté depuis vendredi soir.
Pour être honnête, ça fait quelques mois que je doute.
Continuer à utiliser ce réseau social avec mes élèves ? Continuer à utiliser les Réseaux sociaux en pédagogie ?
Twitter ne ressemble plus à ce qu’on a connu « à nos débuts ». Ca fait un peu vieux nostalgique mais c’est un fait. Je pourrais être hypocrite et annoncer : mais si ! Mon Twitter ressemble toujours à celui de mes débuts et c’est vrai. Parce que je choisis toujours, même 6 ans plus tard, à ne subir personne sur les Réseaux Sociaux. Parce que je me désabonne ou je bloque les comptes qui ne me conviennent pas, qui polluent mon flux. Ca a toujours été pour moi une question de choix. C’est ce que j’enseigne toujours à mes élèves : choisissez, ne subissez pas.

Je pourrais donc occulter et mentir. Ne pas voir la part sombre des réseaux sociaux. Non je ne subis pas les théories du complot, non je ne suis pas sollicitée par des groupuscules d’extrémistes religieux ou politiques. Je ne suis même pas atteinte par tous les chantres de la polémique (les pour/les contre la réforme du collège, les pro-étoile et les anti-cœur pour favoriser, les pour ou contre logiciel libre…).
Alors tout va bien, on continue ?

Mais Vendredi soir, j’ai douté plus que d’habitude sur l’usage des réseaux sociaux en classe. Ne serait-ce pas dangereux d’amener les élèves à utiliser Twitter ? De les lancer sur un réseau où ils pourraient être exposés au pire ?
Et puis, j’ai posé mes peurs.

Et j’ai repensé aux origines de mes usages de Twitter en classe. Pourquoi j’ai commencé ? Parce qu’une classe, parce que des projets, parce que des besoins de communiquer plus, d’écrire autrement, de publier…mais avant tout parce que j’ai compris à ce moment-là qu’il fallait EDUQUER.
Nous étions en pleine vague des « apéros Facebook » (je parle de préhistoire, hein ? ;), les adolescents, les médias, les adultes découvraient la force d’un réseau social: diffuser et mobiliser un plus grand nombre autour d’une idée.
Je les avais lancés sur Twitter pour les amener à réfléchir ce qu’ils faisaient sur Facebook. Qui lit ce que j’écris ? A qui je le diffuse ? Un réseau social peut-il être un espace privé, secret ? Quelle image je diffuse ? Quelles infos puis je diffuser ? Quelle photo de profil ? Etc.
Nous avons construit un contenu sans jamais perdre de vue cette dimension éducative.
Du moins au début. Et puis les années, les classes ont passé. Des élèves tellement communs de réseaux sociaux tellement nombreux et variés. On a focalisé sur le contenu, sur les projets, sur les productions.
En ai-je oublié cet objectif fort d’Education ? J’ai finalement botté en touche en utilisant moins (beaucoup moins) les réseaux sociaux en classe privilégiant leurs usages uniquement sur des projets ponctuels. Nous n’utilisons plus qu’un compte classe et non plus un compte par élève.
Même si je fais toujours une séquence « forte » d’éducation avant de commencer, j’en ai délaissé la part éducative au quotidien dans un usage régulier.
Cette année, j’ai deux classes avec des volumes horaires assez importants avec qui je peux utiliser les réseaux sociaux en cours : une classe de première avec qui j’ai enclenché ces usages l’an dernier. Nous continuons de façon ponctuelle. Une classe de seconde avec qui je n’ai rien commencé. Parce que nous avons eu beaucoup d’autres soucis à régler avant d’imaginer ça…et parce que je doute depuis la rentrée : sera-t-elle ma première classe sans réseau ? Je n’ai pas abandonné le numérique avec eux : nous travaillons sur des espaces collaboratifs, sur des productions sur support numérique. Mais je n’ai pas encore décidé de la part « sociale » de nos travaux de classe.
Je doutais, je doute encore.
Mais il est désormais une évidence que je n’aurai jamais dû perdre de vue : l’Education aux réseaux sociaux, à Internet et aux Médias est plus que jamais d’actualité dans ma pédagogie.

Ne jamais perdre de vue l’Essentiel.

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