Archives Mensuelles: mai 2011

Ecrire avec Twitter et Tumblr : e-portfolio des travaux d’élèves

C’est la fin de l’année scolaire avec mes élèves de 1ère bac pro compta de @ladeuxiemeannee .

Avant de faire un bilan de cette année scolaire (et donc de cette année sur ce blog) , voici regroupés dans un e-portfolio sur Tumblr les travaux numériques de mes élèves : http://eportfoliobacprocomptadoriole.tumblr.com/

Deux supports ont été utilisés : Tumblr et Twitter pour plusieurs travaux d’écriture :

Le projet #tweetfemme ( à lire ici )
Le projet #50choses ( ici )
Le projet #indofr( ici
Le projet Fabriquez un Po_M (ici et ici )

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#50choses : vers la construction de l’ identité numérique positive de l’élève

Lors d’un atelier d’écriture, voici l’activité développée en classe avec mes élèves de @ladeuxiemeannee:

Situation: 24 élèves répartis sur deux salles (salle de classe et CDI) . Un ordinateur par élève / 2 heures. Balise de l’activité suivie par colonage via Tweetdeck

Objectif: ‘écrire « à la manière de » : il s’agissait pour cette activité d’écrire « à la manière de Georges Perec » 50 choses que je voudrais écrire avant de mourir

Après la lecture et l’analyse du texte, les élèves ont eu à rédiger puis tweeter « 50 choses que j’aimerais faire… » .
Les consignes d’écriture étaient simples et restreintes: commencer chaque tweet par un verbe à l’infinitif et ajouter la balise #50choses . L’orthographe, la syntaxe, le niveau de langue étaient à soigner comme pour chaque production écrite et chaque tweet.

Nous avons surtout travaillé sur l’identité numérique qui allait se dégager de cet exercice. A la question récurente « est ce que je peux écrire ce que je veux? », j’ai dû réputer comme souvent qu’on ne peut écrire dans une copie « ce qu’on veut comme on veut » puisqu’on est sur une production scolaire, donc travaillée et réfléchie que l’enseignant lira et pourra évaluer.
A cela, l’écriture numérique ajoute une dimension : l’élève doit réfléchir à ce qu’il écrit parce que l’enseignant ne sera pas le seul à lire sa production: les comptes twitter élèves sont publics (exceptés pour ceux qui ont souhaité les protéger) donc potentiellement lisibles par des personnes extérieures à la classe. Et chaque élève a associé pour son pseudo (exceptés les élèves qui ne le souhaitaient pas) son prénom et son nom.
Ainsi chaque tweet définit l’élève dans son identité numérique.
A la question « est ce que je peux écrire ce que je veux » , j’ai amené l’élève à réfléchir à l’image qu’il souhaitait donner de lui à travers ses tweets: tweets qui constituent une trace numérique indélébile.

Nous avons travaillé en début d’année avec le serious game Ex machina 2025 [ http://www.2025exmachina.net/ ]
, je leur ai rappelé. Nous sommes passés ainsi d’une situation de jeu à une situation réelle : « si j’écris j’aimerais braquer une banque » , cela nuira t-il un jour à mon identité numérique?  » .
« et si j’écris que j’aimerais fumer le plus gros cigare du monde? » , ai-je envie que cette trace reste?

L’élève a dès lors pris de la distance face à son écrit en réfléchissant sans cesse à l’image qu’il souhaite donner de lui qui constitue une part de son identité numérique. Nous avons aussi clairement défini que l’image doit coller à la réalité. Il n’est pas question d’entraîner l’élève sur la construction d’une identité numérique falsifiée. La positiver, la mettre en valeur ne suppose pas de mentir ou d’enjoliver la réalité. Nous sommes strictement dans la recherche de la mise en valeur des compétences et des savoirs de l’élève en lui apprenant à ne pas nuire à son identité ni à mentir pour l’enjoliver.

Lors de la prochaine séance, nous reprendrons cette production de tweets: chaque élève devra étudier la production d’un autre élève (qui sera anonymé) pour :
– dégager un portrait: quelle image donne t-il à travers ses tweets?
– expliquer les tweets qu’il a trouvé « nuisibles » à l’identité numérique de l’élève
-corriger les fautes potentielles et la syntaxe
Ce bilan sera remis à l’élève tweeteur qui sera mis face à l’image renvoyé par son identité numérique.

Cette activité a permis des interactions sur le réseau twitter: j’ai expliqué sur le compte classe et mon compte personnel le principe de la balise #50choses invitant les tweeteurs qui le souhaitaient à y participer. Cette interaction et ce partage ont surpris et encore plus motivé les élèves. Une fois de plus, je constate que le décloisonnement que permet le numérique et en particulier le réseau twitter apporte à cette classe une valorisation et une motivation très importantes !

Conclusion:
Cet atelier d’écriture a donc permis une mise en situation réelle d’éducation à l’internet très probante.
La production d’écrit, même courte, m’a permis de suivre de façon individualisée l’élève en reprenant à l’écrit comme à l’oral des notions d’orthographe, de grammaire et de syntaxe. L’élève pose beaucoup de questions, a le souci d’une production correctement construite et sans faute. Les élèves se corrigent entre eux, très exigeants.
L’activité est intense puisqu’il faut suivre pendant deux heures toutes les productions d’écrit mais permet une forte interactivité orale et écrite en classe.

TOus les tweets produits avec la balise #50choses sont réunis dans ce Tweetdoc : http://www.tweetdoc.org/View/15421/50choses . Merci à @delphef pour cette compilation

// Le tumblr réunissant tous les portraits réalisés par les élèves à propos des tweets #50choses sont désormais visibles ici

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Twitter en classe: A chaque classe, ses usages

A l’occasion du salon des ressources éducatives, j’ai été invitée à présenter mon travail « twitter en classe » avec Bertrand FOrmet (animateur tice) et Amandine Terrier (professeur des écoles) . Amandine Terrier a initié en 2009/2010 l’outil twitter dans sa classe à 3 niveaux de cycle 3.

Nous menons parallèlement ces deux dernières années scolaires l’expérimentation de Twitter en classe avec des niveaux différents.

Contrat Creative Commons
Réseaux sociaux et pédagogie de Laurence Juin est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transcrit.

Pour plus de détails sur le travail d’Amandine Terrier avec sa #twittclasse :  http://amandineter.free.fr/

COmptes twitter : @crotenaycycle3 ,  @amandineter  et @ticechampagnole

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Fiche pratique: utiliser un réseau social en classe

Vous voulez introduire les réseaux sociaux du net dans votre pédagogie? Voici quelques conseils et pistes de réflexion avant de se lancer: conseils que je donne de par mes deux ans d’expérience et de recul avec l’usage de Twitter en classe. Je prends donc en exemple dans cette fiche pratique le réseau social Twitter mais c’est adaptable à d’autres comme Facebook. Conseils qui n’impliquent que moi!

Avant de commencer, je recommande de l’utiliser  personnellement pour bien le maîtriser. Comprendre la « philosophie » du réseau choisi, les codes de communication, des règles induites permet un meilleur usage en classe.

A.Tweeter en classe mais pour quoi faire ?

On n’entre pas avec sa classe en réseau social comme on entrerait n’importe où. Comme on ne donne pas un livre à lire à ses élèves sans l’avoir lu avant, sans y avoir vu un intérêt pédagogique, sans en avoir défini à l’avance ce qu’il apportera à son enseignement. L’outil devient pédagogique si on lui en donne la fonction. L’utiliser en classe sans cette réflexion peut amener au risque « technologique » ET à improductivité pédagogique.

Les nombreux témoignages que l’on peut lire sur l’usage de twitter en classe (répertories par Bertrand Formet ici http://twittclasses.posterous.com/ ) nous montrent que les usages peuvent en être très variés: courtes productions écrites en classe, live-tweet de sorties/voyages scolaires, moyen de communication, soutien, interactivité sur temps personnel de l’élève, ouverture de la classe à un plus large réseau etc. Ce n’est pas la pédagogie qui s’adapte à Twitter mais bien Twitter qu’on adapte et devient outil pédagogique.

B. Quand l’utiliser?

L’usage peut se restreindre uniquement sur le temps de classe proprement dit. Mais il est évident que l’utilisation du web 2.0 décloisonne la classe: l’enseignant entre facilement en communication et interaction avec ses élèves en dehors du temps de classe. Le réseau social peut alors s’étendre sur le temps personnel de l’enseignant et de l’élève. Il peut aussi permettre des échanges sur le temps de formation de l’élève en entreprise.

Cette extension sur le temps péri-scolaire est à contrôler. L’enseignant n’est pas à disposition communicante de l’élève et réciproquement. Attention à la chronophagie!

Les échanges sur Twitter sont souvent a-synchrones. Le message est posé, le destinataire de fait de son adhésion au réseau de l’expéditeur s’engage à lire et à y répondre si besoin. Si l’un de mes élèves me pose une question en plein milieu du week-end, j’y répondrai quand je serai disponible.  L’utilisation de clients twitter comme tweetdeck ou hootsuite et des balises (# hashtag) permettent la bonne gestion de ces échanges a-synchrones.

C. Tweeter avec un compte classe ou des comptes élèves?

Avec la définition des usages pédagogiques souhaités, vient la création du/des comptes twitter de classe. Un compte classe? Un compte par élève? Un compte élève à n’utiliser qu’en classe? Un compte élève personnel? Là encore les « twittclasses » nous montrent des usages variés. Il s’agit d’ organiser les comptes selon les usages qu’on veut en faire et surtout du public élève.

Un compte classe est souvent le plus adapté avec les classes de primaire et de collège. C’est l’enseignant qui gère, qui détient le mot de passe, qui organise la production de tweets. L’élève peut y écrire mais sous l’autorité et les conseils  de l’enseignant. Non pour « contrôler ou restreindre l’élève » mais bien pour l’accompagner dans une éducation au web 2.0 cohérente. Faire créer un compte à l’élève c’est lui donner un outil en main qui doit être maîtrisé par l’enseignant.

Au lycée (ou en fin de collège s’il a reçu une vraie éducation numérique) l’élève acquiert un début de maturité, entre autres, numérique qui lui permet de mieux appréhender les enjeux liés à de telles pratiques.

L’enseignant, pour les collégiens, peut aussi faire créer un compte à chaque élève tout en détendant le mot de passe associé au compte. L’élève est ainsi responsabilisé dans la gestion d’un compte-élève mais l’enseignant pose un cadre préventif.

Un compte twitter peut aussi être créé par la classe pour un évènement ponctuel : un projet de classe (@haikufilles = pour tweeter des haikus) , une sortie, un voyage comme l’ont fait @AmandineTer avec son compte classe @crotenaycycle3  avec ses CM ou @alozach et son compte classe @lespoutniks avec ses collégiens.

La dissociation stricte des comptes personnels de l’enseignant et des élèves des comptes «classe » est nécessaire. L’élève n’a pas à avoir accès aux données, opinions, prises de position privées de l’enseignant. Et réciproquement. Le réseau social tendrait à atténuer ces barrières strictes que la fonction d’enseignant impose.  C’est un risque à ne pas prendre. L’enseignant reste enseignant qu’il s’adresse à l’élève en classe ou via un ordinateur. « ne tweetez pas ce que vous ne diriez pas dans une salle de classe ».

D. Avec quels moyens ?

En classe:

Comme tout usage du numérique en classe, la question fondamentale est celle du matériel disponible dans la salle de classe ! Selon l’usage qu’on en fait, il est nécessaire que ça soit en corrélation avec le matériel. Impossible d’imaginer faire tweeter 30 élèves sur leurs 30 comptes avec 10 postes sur une heure de cours ! Les élèves ont-ils besoin de tous tweeter? Tous au même moment? Tous sur leur compte-élève? Difficile d’avoir 30 postes à disposition dans une salle…et puis difficile de gérer, de lire et d’interagir avec la production de 30 tweeteurs sur une heure de cours ! Le matériel est donc à gérer avec les usages souhaités.

Des postes en nombre (un pour 2 ou 3 élèves) à disposition régulière dans une salle permet de développer un usage régulier et souple de l’usage d’un réseau social en classe.

L’idéal est un équipement mobile et personnalisable par et pour l’élève: tablette, newlook, smartphone. L’élève devient alors mobile physiquement pour tweeter: dans toutes les salles de classe, au CDI, en sortie, en voyage…etc

Un poste enseignant relié à un vidéoprojecteur pour montrer le mur de tweets est un équipement qui est un levier certain à l’usage.

Hors temps de classe:

L’équipement personnel de l’élève est obligatoirement à prendre en compte pour adapter les usages hors temps de classe. Impossible d’exiger des élèves des interactions sur le réseau hors temps de classe si certains n’ont pas un accès personnel à internet. Les équipements peuvent être très variés: équipements inexistant, familial partagé ou au contraire suréquipement avec un ordinateur personnel et/ou un smartphone. A prendre aussi en compte les élèves internes.

Ce point est une contrainte réelle qui peut restreindre les pratiques envisagées hors classe. Doter chaque élève de netbook, tablette ou de smartphone avec connexion internet permettrait de réduire cette e-exclusion. Mais pour tout ce qui concerne le travail et l’implication hors temps de classe, l’enseignant n’a pas réellement de prise sur le degré d’implication de l’élève. Les élèves ont tous à disposition des manuels scolaires chez eux financés/subventionnés par les collectivités: les ouvrent-ils tous le soir comme l’enseignant leur a demandé de le faire?

E. Quelles règles officielles?

Présenter et soumettre le projet d’usages de réseaux sociaux en classe à ses direction/référents et autorités pédagogiques est nécessaire, utile voire même obligatoire quand l’élève est mineur. Ces pratiques sont encore rares et l’association réseau social-Facebook-dérives-danger est très courante. A juste titre: les chefs d’établissement ont très souvent à gérer des problèmes liés à Facebook. En présentant un projet pédagogique cohérent, l’adhésion n’en sera que plus facilitée.

Au même titre: présenter le projet aux parents d’élèves est nécessaire.Comprendre l’outil, démontrer l’intérêt pédagogique permet de facilité la collaboration et l’adhésion au projet.

Plus qu’un assentiment pédagogique, c’est surtout un garde-fou institutionnel et légal qui est obligatoire: les textes officiels en rapport avec ces nouveaux usages n’existent pas encore. A chaque enseignant de se prémunir au maximum par un usage cohérent et très réglementé:

-établir avec le groupe-classe une charte d’usages du réseau social(adaptée au projet) . C’est l’âge où ils découvrent le web 2.0 avec l’usage des réseaux sociaux, des blogs ou des tchats. Utiliser les réseaux sociaux en classe doit être dissocié de leurs pratiques et usages personnels. Exemple ici :  http://www.educnet.education.fr/dossier/education-aux-medias/sites-pour-eduquer-a-l-internet/conseils-par-rapport-a-certains-outils/twitter-charte-utilisation/?searchterm=None

-demander les autorisations de diffusion des prénoms et noms des élèves

– demander une autorisation de diffusion de photos de l’élève (avatar pour le compte, photos lors de sorties…)

E. Quelle entrée en réseau social pour l’élève?

Avant de lancer le projet pédagogique associé au réseau social, et tout au long de ce même projet, il est nécessaire de mener une vraie éducation au Web 2.0 auprès des élèves concernés. Ce n’est pas parce qu’ils utilisent beaucoup les réseaux sociaux (Facebook en tête) qu’ils maîtrisent tous les paramètres liés à ces usages.

Comme l’usage est ici strictement pédagogique, l’usage doit intégrer des apprentissages. Pour les enseignants d’éducation civique, utiliser cet outil c’est l’occasion de mettre en pratique leur enseignement ! Droits et devoirs du citoyen, textes de loi, respect de l’individu etc.

Occasion aussi de proposer à l’élève la création d’une identité numérique positive: quel pseudo, quel avatar, quelle biographie ? Quelles informations l’élève veut-il/doit-il diffuser? etc

En conclusion, utiliser les réseaux sociaux du net dans sa pédagogie permet beaucoup de possibilités, les usages sont variés et variables selon les besoins, adaptables à la classe, aux conditions de travail, aux programmes, aux équipes pédagogiques…etc. Une grande liberté qui ne doit pas faire oublier que ces usages doivent être très réglementés pour une vraie éducation. 

Fiche non exhaustive…à compléter…

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